Cancer de la prostate : Les ultrasons focalisés désormais remboursés

La prise en charge du cancer de la prostate franchit une nouvelle étape en France avec le remboursement par l’Assurance Maladie du traitement par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU), réalisé grâce à la plateforme robotisée Focal One. Cette technologie mini-invasive, développée en France, s’impose désormais comme une option thérapeutique à part entière dans les cancers localisés.

Désormais remboursé par l’Assurance Maladie, le traitement du cancer de la prostate par ultrasons focalisés est réalisé grâce à la technologie Focal One.
Désormais remboursé par l’Assurance Maladie, le traitement du cancer de la prostate par ultrasons focalisés est réalisé grâce à la technologie Focal One. (Crédit : Focal One)

Basé sur l’imagerie de haute précision, le procédé permet de détruire la tumeur de manière ciblée tout en préservant les tissus sains environnants. Une approche qui marque une rupture avec les traitements dits « radicaux ». Pour le Professeur Matthieu Durand, chef du service d’urologie, d’andrologie et de transplantation rénale au CHU de Nice, cette évolution traduit une véritable transformation de la stratégie thérapeutique : « une médecine plus ciblée, fondée sur le bon traitement, au bon patient, au bon moment », permettant de concilier efficacité clinique et qualité de vie.

Traiter le cancer de la prostate sans opérer : le pari du HIFU

Les bénéfices fonctionnels sont au cœur de cette innovation. Président de l’Association Française d’Urologie, le Docteur Antoine Faix souligne que cette approche constitue une « désescalade thérapeutique », en traitant uniquement la zone atteinte plutôt que l’ensemble de la prostate. Résultat : une réduction significative des effets secondaires urinaires et sexuels, souvent redoutés par les patients.

Pour le Professeur Sébastien Crouzet, de l’Hôpital Edouard Herriot (HCL Lyon), pionnier dans le développement de la technologie, il s’agit d’un changement attendu depuis longtemps : une option « moins invasive », utilisable en première intention ou en situation de rattrapage, désormais intégrée aux soins courants. Le dispositif permet également une hospitalisation courte, parfois en ambulatoire, et une seule séance de traitement.

Après dix années de recherche et sept ans d’étude clinique, cette validation repose sur des données cliniques solides, notamment une vaste étude multicentrique ayant démontré une efficacité comparable à la chirurgie, avec un meilleur profil de tolérance. En rendant ce traitement accessible à grande échelle, le remboursement du HIFU ouvre la voie à une médecine plus personnalisée, moins invasive et mieux adaptée aux enjeux de santé publique liés au cancer de la prostate.

Antonin Tabard