AdipoPharma cible la graisse contre le diabète

Alors que les traitements du diabète de type 2 évoluent rapidement, notamment avec l’essor des analogues du GLP-1, une biotech dont le siège social est à Strasbourg, propose une approche radicalement différente. AdipoPharma, cofondée par le chercheur Vincent Marion, vient d’initier un essai clinique de phase 1 pour son candidat médicament PATAS, un sensibilisateur à l’insuline ciblant directement les cellules adipeuses.

Bâtiment eXplora à Strasbourg, qui accueille notamment la biotech AdipoPharma, engagée dans le développement de nouvelles thérapies contre le diabète de type 2.
À Strasbourg, le bâtiment eXplora accueille notamment la biotech AdipoPharma, engagée dans le développement de nouvelles thérapies contre le diabète de type 2. (Crédit : ON HEALTH)

Aujourd’hui, la majorité des traitements améliorent la glycémie de manière indirecte, souvent en favorisant la perte de poids. PATAS adopte une stratégie distincte : agir à la source de l’insulinorésistance, un mécanisme clé dans le développement du diabète de type 2.

Une innovation thérapeutique centrée sur l’insulinorésistance

Les adipocytes, ou cellules graisseuses, jouent un rôle central dans la régulation métabolique. Leur dysfonctionnement entraîne une résistance à l’insuline qui affecte l’ensemble de l’organisme. En ciblant spécifiquement ces cellules, PATAS vise à restaurer une gestion normale du glucose, indépendamment du poids du patient.

Les données précliniques indiquent plusieurs effets potentiels : amélioration de la tolérance au glucose, réduction de la stéatose hépatique et maintien de la masse musculaire. Ce dernier point attire particulièrement l’attention, alors que certaines thérapies récentes contre l’obésité s’accompagnent d’une perte musculaire.

Diabète de type 2 : vers un changement de paradigme thérapeutique ?

L’essai clinique en cours, mené aux États-Unis, évalue la sécurité et le comportement du médicament chez l’humain. Les premiers résultats sont attendus d’ici fin 2026.

Dans un contexte de forte progression du diabète de type 2 qui pourrait concerner 1,3 milliard de personnes d’ici 2050, cette approche pourrait enrichir l’arsenal thérapeutique en ciblant directement l’insulinorésistance, plutôt que ses conséquences.

Pour AdipoPharma, actuellement en levée de fonds pour financer les prochaines phases cliniques, l’enjeu est clair : démontrer qu’une intervention ciblée sur le tissu adipeux peut durablement modifier l’évolution de la maladie. Une promesse scientifique ambitieuse, qui reste désormais à valider chez les patients.

Guillaume Freund,
Correspondant à Strasbourg.