Quand l’innovation freine la sclérose en plaques

Après deux décennies de progrès spectaculaires dans le contrôle des poussées inflammatoires de la sclérose en plaques, la recherche clinique franchit aujourd’hui une nouvelle étape : s’attaquer directement à la progression du handicap. Une avancée majeure pour les quelque 150 000 personnes concernées en France.

Les inhibiteurs de BTK ouvrent une nouvelle voie pour freiner l’évolution du handicap dans la sclérose en plaques.
Les inhibiteurs de BTK ouvrent une nouvelle voie pour freiner l’évolution du handicap dans la sclérose en plaques. (Crédit : FCRIN4MS)

Jusqu’à présent, les traitements de référence ont permis de réduire d’environ 90 % les poussées inflammatoires et de limiter considérablement l’apparition de nouvelles lésions cérébrales. Ces innovations ont profondément transformé le pronostic de la maladie. Pourtant, un défi demeurait : ralentir l’évolution progressive du handicap dans les formes dites progressives, où les mécanismes de neurodégénérescence prennent le relais de l’inflammation.

C’est précisément sur ce terrain que les inhibiteurs de BTK (Bruton Tyrosine Kinase) pourraient changer la donne. Cette nouvelle classe thérapeutique a la particularité d’agir directement au sein du système nerveux central, en ciblant les processus inflammatoires chroniques impliqués dans l’aggravation de la maladie.

Sclérose en plaques : la fin d’une impasse thérapeutique ?

Les résultats de plusieurs essais internationaux de phase III suscitent un réel espoir. L’étude Hercules, menée auprès de plus de 1100 patients atteints de formes secondairement progressives non actives, a montré que le tolébrutinib réduisait de 31 % le risque de progression confirmée du handicap à six mois. De son côté, le fenebrutinib a démontré une efficacité au moins comparable au traitement de référence Ocrevus chez des patients atteints de formes progressives primaires.

Pour le Pr Jérôme De Sèze, chef du service de neurologie du CHU de Strasbourg et porte-parole du réseau FCRIN4MS, « les résultats obtenus avec cette nouvelle génération de traitements changent profondément la perspective : pour la première fois, nous commençons à agir sur les mécanismes mêmes de la progression de la maladie ».

Ces avancées illustrent également le rôle stratégique de la recherche clinique française. À travers le réseau FCRIN4MS, 35 centres hospitaliers participent au développement de ces innovations qui pourraient redéfinir, demain, les standards de prise en charge de la sclérose en plaques.

Antonin Tabard

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