Cancer du sein : un implant innovant veut empêcher la formation de métastases

Et si les cellules tumorales étaient capturées avant même de pouvoir former des métastases ? C’est le pari du projet CAPDCM, développé par l’Institut des Biomolécules Max Mousseron (IBMM) en partenariat avec DEMGY Frasne. Cette innovation repose sur un dispositif médical implantable biocompatible doté de microcanaux capables de piéger les cellules tumorales circulantes après l’ablation de la tumeur primaire.

Développé par l'IBMM et DEMGY, un implant innovant veut piéger les cellules tumorales avant qu'elles ne forment des métastases.
Développé par l’IBMM et DEMGY, un implant innovant veut piéger les cellules tumorales avant qu’elles ne forment des métastases. (Crédit : Ludovic Godard / DEMGY)

L’objectif est de proposer une nouvelle stratégie thérapeutique, complémentaire des traitements conventionnels. « Plutôt que d’utiliser des thérapies agressives sur la cellule tumorale, cette nouvelle approche thérapeutique permet de capter ces cellules tumorales métastatiques et de les empêcher de migrer vers d’autres tissus, voire vers des organes, explique Jean-Marie Ramirez, directeur de l’équipe oncopharmacologie à l’IBMM. L’idée, c’est d’empêcher la formation de métastases en capturant les cellules tumorales après résection de la tumeur primaire. »

Un piège à métastases contre le cancer

Le concept a déjà franchi plusieurs étapes expérimentales. Après des essais in vitro démontrant la capacité du dispositif à attirer et piéger les cellules tumorales, les chercheurs ont obtenu des résultats encourageants chez la souris. « On a développé un dispositif médical implantable où l’on a démontré que l’on pouvait également capter les cellules et les piéger », poursuit le chercheur. À terme, cette technologie pourrait aussi être adaptée à d’autres cancers solides, notamment l’hépatocarcinome ou le glioblastome.

Pour transformer cette innovation de laboratoire en dispositif médical reproductible, l’IBMM s’est appuyé sur l’expertise industrielle de DEMGY Frasne. « Nous avons récupéré les données pour transformer le concept en un système industrialisable, en termes de technique, de qualité et de répétitivité », souligne Jean-Claude Sondaz, directeur général de DEMGY Frasne.

Le principal défi a porté sur la fabrication des microcanaux. « Les formes de harpons font dix microns par dix microns, avec une contrainte sur la largeur et l’épaisseur. Les cellules ne passeront à l’intérieur que si les canaux sont parfaitement répétables et respectent ces dimensions », précise-t-il. À la croisée de la biologie, de la microfluidique et de l’ingénierie, CAPDCM illustre ainsi le potentiel des collaborations entre recherche publique et industrie pour faire émerger de nouvelles armes contre les cancers solides.

Antonin Tabard

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