37 Degrés révolutionne la contraception masculine

À première vue, il ressemble à un caleçon ordinaire. Mais le sous-vêtement inventé par l’entreprise lilloise 37 Degrés cache une autre fonction. Grâce à une ouverture dans le tissu, il provoque en effet la remontée testiculaire, un procédé qui induit une infertilité provisoire grâce à la chaleur corporelle. « On va rapprocher les testicules du corps afin d’augmenter leur température à 37 degrés, ce qui stoppe la production de spermatozoïdes, explique la co-fondatrice Gaëlle Burcklé. Lorsqu’ils sont dans les bourses, leur température descend à 34 ou 35 degrés. »

Avec son sous-vêtement innovant, l’entreprise lilloise 37 Degrés permet la remontée testiculaire, qui induit une infertilité provisoire.
Avec son sous-vêtement innovant, l’entreprise lilloise 37 Degrés permet la remontée testiculaire, qui induit une infertilité provisoire. (Crédit : 37 Degrés)

Son utilisation s’accompagne de spermogrammes réguliers, attestant de l’infertilité de ses utilisateurs. Ils doivent être effectués à partir de trois mois, soit le temps de maturation des spermatozoïdes. Pour être efficace, cette nouvelle méthode de contraception – pas encore homologuée en France – doit donc permettre de faire descendre le nombre de spermatozoïdes à 1 million par millilitre de sperme, le seuil considéré comme contraceptif par l’OMS.

Un processus réversible

Une fois ce quota atteint, l’utilisateur doit continuer à garder le boxer le plus longtemps possible – 15 heures par jour – pour que la méthode reste efficace. « Et au moment où la personne souhaite récupérer sa fertilité, il faudra de nouveau attendre trois à six mois, le temps que les spermatozoïdes reprennent leur activité habituelle. »

La Lilloise et son associé Matthieu Gilquin sont « partis d’un constat commun d’un besoin de contraception masculine », explique ce-dernier. « Un sous-vêtement entre facilement dans le quotidien des personnes concernées, puisqu’on en met tous au quotidien. » Alors que le nombre de vasectomies a été multiplié par quinze en douze ans, 37 Degrés se positionne comme une alternative plus accessible et réversible.

Incubée à l’agence de développement Eurasanté, l’entreprise travaille également avec une équipe d’andrologues lillois pour coordonner les essais cliniques. Ces derniers devraient débuter en 2027.

Brianne Huguerre-Cousin,
Correspondante à Lille

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