Eurasanté célèbre « d’excellents résultats » malgré un contexte économique difficile

L’année 2025 s’est illustrée par une levée de fonds « extraordinaire » et un rayonnement national pour Eurasanté, l’agence de développement santé des Hauts-de-France. Mais la raréfaction des moyens alloués à l’innovation ternit les perspectives d’avenir régionales.

Le GIE Eurasanté a reçu ses actionnaires historiques, son nouvel actionnaires et les élus de la métropole européenne de Lille et de la région Hauts-de-France dans son nouveau bâtiment totem, le Hub Eurasanté.
À Lille, l’innovation santé à son bâtiment totem, le Hub Eurasanté. (Crédit : Archive ON HEALTH)

La recherche a connu « d’excellents résultats » en 2025, se félicite Didier Delmotte, le président du GIE (groupement d’intérêt économique) Eurasanté – l’incubateur santé de la région Hauts-de-France – en préambule de la conférence de presse organisée le 22 janvier dernier. Et pour cause, 21 projets régionaux ont été financés par l’Agence nationale de la recherche (ANR). De quoi leur garantir une « reconnaissance au plus haut niveau national ». 

Autre triomphe, cette « levée de fonds extraordinaire » de 43 millions d’euros en faveur du projet Lattice Médical, qui développe une technologie d’impression 3D pour la reconstruction mammaire post-cancer. Cette opération d’envergure porte le total des montants levés à plus de 112 millions d’euros en 2025, contre près de 35 millions l’année précédente.

Enfin, et malgré un marché immobilier « pas complètement euphorique », 17 entreprises ont été implantées sur le parc eurasanté, qui compte désormais 206 organismes en tout. Ouvert en début d’année, le « Hub » Eurasanté, lieu de rassemblement des start-ups médicales des Hauts-de-France, compte aujourd’hui un taux de remplissage de 65%.

« On va connaître des arrêts de projets utiles et intéressants »

Si les bonnes nouvelles s’enchaînent, le bilan 2025 est malgré tout entaché par la raréfaction des moyens alloués pour l’innovation. Une ombre de taille au tableau… qui ternit aussi les perspectives d’avenir de la filière. En effet, la BPI, principal financeur public, a notamment diminué son soutien de pas moins de 40% en 2025, après une première baisse de 50% l’année précédente.

De quoi réorienter la stratégie d’Eurasanté, qui cherche désormais à mobiliser davantage les professionnels de la santé pour investir dans ses projets. Malgré cette résilience, le directeur général Etienne Vervaecke n’est pas tout à fait optimiste : « Aujourd’hui, même les bonnes idées peuvent avoir du mal à trouver des financements. On va connaître des arrêts de projets utiles et intéressants. »

Brianne Huguerre-Cousin,
Correspondante à Lille.