Chirurgie et implants : la médecine personnalisée s’opère à Grenoble

Lors du tech&fest qui s’est déroulé à Grenoble les 4 et 5 février, les acteurs du monde de la santé ont été clairs : à Grenoble, la médecine change de visage et se personnalise.

Couplées à des capteurs mis au point par Injectsense, les microbatteries d’Injectpower fournissent l’énergie nécessaire aux implants pour fonctionner et suivre l’évolution d’un glaucome.
Couplées à des capteurs mis au point par Injectsense, les microbatteries d’Injectpower fournissent l’énergie nécessaire aux implants pour fonctionner et suivre l’évolution d’un glaucome. (Crédit : CEA / InjectPower)

« Grenoble a été pionnière en matière de robotique dès 1985 avec Neuromat », explique Anthony Boyer, CEO de Blue Ortho, lors du tech&fest des 4 et 5 février. C’est dans cette lignée que la capitale des Alpes a engagé sa médecine. Aujourd’hui, elle vise à se personnaliser toujours plus pour offrir une meilleure prise en charge aux patients.

Se préparer sur un jumeau numérique

C’est pourquoi la chirurgie augmentée se développe, et ce tout particulièrement en orthopédie, en urologie, en neurochirurgie ou encore en radiologie interventionnelle. « Auparavant, le chirurgien posait une prothèse de genou de la même manière pour tous les patients. Aujourd’hui, ce geste est adapté à chacun car grâce à l’IA, il tient bien mieux compte de l’état des os du patient, notamment », précise Anthony Boyer.

C’est ce que confirme Thomas Lonjaret, CEO de MinMaxMedical. « Nous travaillons beaucoup sur le jumeau numérique du patient en pré-opératoire pour planifier le geste chirurgical et offrir une meilleure intervention au patient. » En per-opératoire, « l’imagerie se fait désormais en temps réel pour effectuer le geste comme planifié sur le jumeau numérique. » Alors qu’en post-opératoire, les données récoltées permettent d’améliorer la pratique chirurgicale de manière générale.

Comprendre les biomarqueurs

Mais qu’en est-il de la maladie qui nécessite un suivi régulier tout au long de la vie ? Là encore, la personnalisation médicale joue un rôle important. La start-up Injectpower s’est emparée du sujet : elle conçoit des microbatteries qui alimentent des capteurs capables de suivre l’évolution d’un glaucome. Le but : collecter des données fiables en temps réel pour fournir un meilleur suivi au patient. « L’implant peut comprendre les biomarqueurs, les identifier et mieux les traiter », constate Philippe Andreucci, son CEO.

Morgane Poulet,
Correspondante à Grenoble.