MedInTechs : L’Île-de-France investit dans la santé des femmes

Longtemps restée dans l’angle mort de la recherche médicale, la santé des femmes devient progressivement un terrain d’innovation majeur. Lors du salon MedInTechs, rendez-vous européen dédié aux technologies de santé qui réunit chaque année start-up, professionnels et décideurs publics au Parc Floral de Paris, plusieurs annonces ont illustré cette dynamique.

Femnov a développé un assistant IA capable de détecter l'endométriose à partir d'une échographie endovaginale. Santé des femmes
Femnov a développé un assistant IA capable de détecter l’endométriose à partir d’une échographie endovaginale. (Crédit : ON HEALTH)

Première d’entre elles : la création d’un fonds Femtech européen porté par la Région Île-de-France. « Il n’y a que 2 % de l’argent de la recherche consacré aux pathologies spécifiquement féminines », rappelle Valérie Pécresse, présidente de la Région. Pourtant, les maladies touchant les femmes présentent des spécificités importantes, de l’adolescence à la ménopause, en passant par la grossesse ou les maladies cardiovasculaires.

Santé des femmes : 50 millions d’euros pour accélérer l’innovation

Pour combler ce retard, la Région prévoit d’investir 50 millions d’euros d’ici 2030 dans ce fonds destiné à soutenir les start-up développant médicaments, dispositifs médicaux ou solutions de prévention dédiés à la santé féminine. Objectif ? Accélérer l’émergence d’innovations capables de mieux diagnostiquer et traiter ces pathologies.

Déployé par Turenne Santé et adossé à l’expertise scientifique de l’Université Paris Cité, ce fonds vise à accompagner les jeunes entreprises innovantes entre la phase d’idéation et la série A. L’objectif est de combler un manque de financement dans ce secteur encore émergent et de soutenir le développement de solutions à fort impact, qu’il s’agisse de biotechnologies, de dispositifs médicaux ou d’outils numériques dédiés à la prévention, au dépistage et à la prise en charge des pathologies féminines.

IA et biomarqueurs au service d’un meilleur diagnostic ?

Parmi les solutions présentées, plusieurs s’appuient sur l’intelligence artificielle et les biomarqueurs pour transformer le diagnostic. La start-up Femnov développe par exemple un assistant d’IA pour l’échographie endovaginale. Son ambition : aider les professionnels de santé à mieux identifier certaines pathologies gynécologiques, notamment l’endométriose, dont le diagnostic reste encore complexe.

Autre innovation prometteuse : celle de la biotech lyonnaise Ziwig, qui a mis au point un test salivaire capable de détecter l’endométriose grâce à l’analyse des ARN présents dans la salive. La plateforme technologique développée par l’entreprise ouvre également la voie à d’autres applications, comme le diagnostic de cancers gynécologiques ou de maladies neurodégénératives.

En réunissant décideurs publics, chercheurs et start-up, MedInTechs illustre ainsi la montée en puissance de la femtech. Un secteur en plein essor qui pourrait enfin réduire les inégalités persistantes dans la recherche et la prise en charge des maladies féminines.

Antonin Tabard