SSuWAI met l’IA au service de la vigilance chirurgicale

Dans un contexte où la sécurité au bloc opératoire demeure un défi persistant, le projet SSuWAI propose une approche innovante fondée sur l’intelligence artificielle pour anticiper les risques en temps réel. Ce programme de recherche franco-suisse, réunissant notamment l’Université bisontine Marie et Louis Pasteur, la Haute École d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud, le CHU de Besançon et le CHU Vaudois, vise à développer un dispositif médical d’aide à la décision inédit.

Chirurgien pédiatre au CHU de Besançon, le Docteur Yann Chaussy est à l'origine de projet de recherche franco-suisse SSuWAI, pour développer un dispositif médical capable de prédire les risques au bloc opératoire.
Chirurgien pédiatre au CHU de Besançon, le Docteur Yann Chaussy est à l’origine de projet de recherche franco-suisse SSuWAI, pour développer un dispositif médical capable de prédire les risques au bloc opératoire. (Crédit : ON HEALTH)

« On a fait énormément de progrès dans la sécurité des soins, notamment au bloc opératoire, mais malgré cela, le taux d’évènements indésirables reste relativement important », constate le Docteur Yann Chaussy, chirurgien pédiatre au CHU de Besançon. Face à ce paradoxe, SSuWAI ambitionne de « détecter, de façon anticipée, des situations à risque pendant une intervention chirurgicale », afin de permettre aux équipes « de prendre des mesures correctrices avant que des évènements indésirables ne se produisent ».

SSuWAI : prédire l’imprévisible au bloc

L’innovation du projet repose sur l’analyse croisée de données hétérogènes : paramètres physiologiques du patient, données cliniques, mais aussi éléments environnementaux. « L’une des principales difficultés, c’est de pouvoir analyser en temps réel des données issues de paramètres très différents et de les corréler ensemble », souligne le praticien à l’origine du projet. Pour relever ce défi, les chercheurs mobilisent des outils d’intelligence artificielle capables de traiter ces « données massives ».

Autre originalité : la prise en compte des facteurs humains. « Ce qui est également très original, c’est de pouvoir surveiller des facteurs liés aux personnels du bloc opératoire, notamment évaluer le stress ou la fatigue », précise le Docteur Yann Chaussy. Une approche globale qui pourrait marquer une rupture dans la prévention des risques.

Soutenu par le programme Interreg France-Suisse et associant partenaires académiques et industriels, SSuWAI illustre le potentiel de la coopération transfrontalière pour faire émerger des innovations de rupture en santé.

Antonin Tabard