Santé mentale : la Côte-d’Or accélère l’innovation

Présenté le 28 avril lors de la Journée départementale de la santé mentale organisée au MuséoParc Alésia, le nouveau Projet territorial de santé mentale de Côte-d’Or (PTSM 21), pour la période 2026-2030, incarne une nouvelle étape dans la transformation des parcours en santé mentale. Fruit d’une large concertation réunissant près d’une centaine d’acteurs, ce programme vise à répondre à des enjeux persistants d’accès aux soins, de coordination et d’inégalités territoriales.

Le nouveau projet territorial de santé mentale de Côte-d'Or a été présenté le 28 avril dernier au MuséoParc Alésia.
Le nouveau projet territorial de santé mentale de Côte-d’Or a été présenté le 28 avril dernier au MuséoParc Alésia. (Crédit : ON HEALTH)

« On a pu présenter différentes fiches-actions couvrant des champs variés comme le logement, l’emploi ou encore la prise en charge en urgence », explique Julie Liegeon, coordinatrice du PTSM 21. L’ambition est claire : structurer une réponse globale, au-delà du soin, en intégrant les déterminants sociaux de la santé mentale.

Un nouveau cap pour la santé mentale en Côte-d’Or

L’innovation, au cœur du dispositif, se décline sous plusieurs formes. D’abord organisationnelle, avec un renforcement des coopérations entre acteurs sanitaires, médico-sociaux et sociaux, pour éviter les ruptures de parcours. Mais elle est aussi technologique. « Aujourd’hui, l’innovation en santé mentale est largement portée par le numérique », souligne Célia Giroux, chargée de mission à l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté. Téléconsultations en psychiatrie et addictologie ou encore outils de coordination comme le logiciel eTICSS, utilisé dans le cadre du dispositif VigilanS pour le suivi post-tentative de suicide, illustrent cette évolution vers des parcours plus fluides et réactifs.

Sur le terrain, ces innovations prennent déjà forme. Au CHU Dijon Bourgogne, « le dispositif PACO permet aux aidants d’avoir un lieu d’écoute, un lieu de parole », explique Julien Royer, cadre de santé, qui souligne également que So’Psy « permet de rendre accessibles les soins somatiques aux personnes suivies en santé mentale ». Du côté du Centre hospitalier La Chartreuse, « le programme Bref vise à aider à accompagner les proches pour leur permettre de mieux comprendre la maladie », détaille sa directrice Emmanuelle Juan, en insistant sur un format « très rapide » en trois séances.

En articulant innovation numérique, nouvelles pratiques collaboratives et prise en compte des aidants, le PTSM 21 s’affirme comme une feuille de route ambitieuse, au service d’une santé mentale plus accessible, coordonnée et humaine.

Antonin Tabard