Sur les îles du Frioul, une mallette de télémédecine pour « faire comme si le médecin était sur l’île »

Depuis le mois de mai, les quelque 150 habitants des îles du Frioul au large de Marseille, disposent d’une mallette de télémédecine. Dans cette valise médicale, un tensiomètre, un saturomètre et un ECG pour éviter aux Frioulais de se déplacer jusqu’au cabinet du médecin sur le continent.

L'entreprise Parsys a déployé sur les îles de Frioul une malette de télémédecine en partenariat avec l'ARS et le CCAS de Marseille.
L’entreprise Parsys a déployé sur les îles de Frioul une malette de télémédecine en partenariat avec l’ARS et le CCAS de Marseille. (Crédit : CCAS de Marseille)

Jusqu’en 2023, les deux îles bénéficiaient d’un infirmier libéral mais lorsque celui-ci est parti, les habitants, dont 80 % sont âgés de plus de 60 ans, se sont retrouvés sans solution. Aucun médecin ne s’est installé. La Caisse Centrale d’Activités sociales de Marseille (CCAS) a pris le relais en organisant des tournées d’infirmiers sur l’île.

« Mais on s’est rendu compte que les habitants continuaient de se déplacer une à deux fois par semaine sur le continent pour aller voir leur médecin généraliste », raconte Clémence Porhel, directrice au CCAS du Parcours de Vie des Aîné.e.s. Un déplacement de 20 à 40 minutes sur les navettes de la métropole qui peut s’avérer parfois très agité si le mistral souffle fort.

“Faire comme si le médecin était sur l’île”

Pour utiliser la mallette médicale de l’entreprise Parsys, les habitants doivent prendre rendez-vous avec leur médecin en téléconsultation. Un local leur est mis à disposition sur l’île et pendant la consultation, ils sont accompagnés par une infirmière mandatée par le CCAS.

« L’infirmière prend en charge tout le côté informatique de la consultation pour permettre au patient de pleinement bénéficier de leur consultation », explique Clémence Porhel. L’idée c’est de « faire comme si le médecin était sur l’île », ajoute Clémence Porhel en soulignant l’attachement qu’ont les patients à leur médecin traitant.

Soit la consultation est en direct et l’infirmière donne les informations directement au médecin, soit l’infirmière transmet les données au médecin qui les traite ultérieurement.

Le CCAS a reçu une subvention de 10 000 euros de l’ARS pour l’acquisition de cette mallette. Début mai, le CCAS a présenté ce nouveau dispositif aux habitants du Frioul enthousiastes. En revanche, les habitudes sont encore difficiles à changer, pour l’instant le démarrage reste timide.

Eliza Amouret,
Correspondante à Marseille

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