Des jumeaux numériques made in France pour les reins

L’intelligence artificielle continue de gagner du terrain dans le domaine de la santé. Dernière illustration en date : le projet lancé par ELSAN, en partenariat avec l’Université Paris CitéPR[AI]RIE et l’Institut Phocéen de Néphrologie, visant à développer des jumeaux numériques de la maladie rénale chronique grâce à son entrepôt de données de santé.

Grâce à l'IA et à un entrepôt de données souverain, ELSAN développe des jumeaux numériques pour anticiper la maladie rénale.
Grâce à l’IA et à un entrepôt de données souverain, ELSAN développe des jumeaux numériques pour anticiper la maladie rénale. (Crédit : Image générée par IA)

Cette pathologie, qui touche plus de 1,6 million de Français, est particulièrement redoutable car elle évolue souvent sans symptôme pendant de longues années. « Lorsque les symptômes apparaissent, il est parfois trop tard pour éviter le recours à des traitements lourds comme la dialyse ou la greffe de rein », rappelle le Docteur Philippe Giaime, néphrologue à l’Institut Phocéen de Néphrologie et responsable scientifique du projet.

Jumeaux numériques : le pari français de la néphrologie

Pour relever ce défi, les chercheurs s’appuieront sur les données de plus de 10 000 patients suivis en conditions réelles afin de créer des modèles virtuels capables de reproduire leur trajectoire de santé. « Le jumeau numérique est votre double virtuel. Il vous ressemble en tous points et permet de prédire l’évolution de votre maladie afin d’anticiper une prise en charge ou un traitement de manière personnalisée, explique la Professeure Stéphanie Allassonnière, professeure de mathématiques appliquées à l’Université Paris Cité et directrice adjointe de PR[AI]RIE. Son intérêt majeur est son caractère dynamique : à chaque consultation, le pronostic peut être réévalué, permettant d’adapter les traitements de manière extrêmement personnalisée. »

L’objectif est d’identifier plus précocement les patients à risque d’aggravation, de personnaliser leur suivi et, à terme, de retarder voire d’éviter l’entrée en dialyse.

Un entrepôt de données souverain pour prédire la maladie rénale

Cette innovation repose sur un atout stratégique : l’entrepôt de données de santé d’ELSAN, premier EDS hospitalier d’envergure nationale autorisé par la CNIL. « L’objectif de notre EDS est de donner une nouvelle vie aux données, souligne Samantha Pasdeloup, directrice du développement et des partenariats d’ELSAN. C’est lui qui rend la donnée de soin réutilisable pour la recherche, dans un cadre éthique, sécurisé et souverain. »

Au croisement de l’IA, de la médecine prédictive et de la souveraineté numérique, ce projet illustre l’émergence d’une nouvelle génération d’innovations capables de transformer durablement la prise en charge des maladies chroniques.

Antonin Tabard

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