Insuffisances cardiaques : une filière se structure en région

Jeudi 10 avril dernier, les équipes de cardiologie des CHU de Dijon et de Besançon se sont retrouvés à Dijon, le temps d’une journée dédiée à l’insuffisance cardiaque avancée. L’occasion pour ces deux établissements régionaux qui ne dépendent pourtant pas du même groupement hospitalier de territoire (GHT) de rappeler leur volonté commune de bâtir une filière régionale pour une meilleure prise en charge des patients atteints de problèmes cardiaques avancés, pouvant aller jusqu’à nécessiter une greffe.

Pour améliorer la prise en charge des insuffisances cardiaques avancées, les cardiologues des CHU de Dijon et Besançon se structurent au sein d'une seule et même filière régionale.
Pour améliorer la prise en charge des insuffisances cardiaques avancées, les cardiologues des CHU de Dijon et Besançon se structurent au sein d’une seule et même filière régionale. (Crédit : ON HEALTH)

« Cette filière est multidisciplinaire, confie le Docteur Priyanka Rajinthan, cardiologue au CHU Dijon Bourgogne. Ce qui est intéressant, c’est qu’elle va impliquer autant les anesthésistes-réanimateurs qui vont récupérer les patients quand il sont en état de choc ou en état d’urgence, que les cardiologues qui assurent le suivi des patients insuffisant cardiaques. On va aussi s’associer avec des infirmières spécialisées qui suivent ses patients et peuvent nous alerter en cas de décompensation. Et enfin, on va avoir les autres spécialités comme les néphrologues ou encore les pneumologues qui peuvent également nous alerter. »

Pour une meilleure prise en charge des insuffisances cardiaques

« Toutes les possibilités thérapeutiques sont à Besançon, en dehors de la transplantation cardiaque, où les patients sont référés au CHU de Dijon. Et donc, c’est tout l’importance d’avoir un réseau de soins qui s’étend sur ces deux régions, afin de donner toutes les chances aux patients de bénéficier de tous les traitement possibles dans l’insuffisance cardiaque avancée », rassure le Docteur Basile Mouhat, cardiologue au CHU de Besançon.

Bien que sa fréquence augmente, l’insuffisance cardiaque et ses symptômes restent peu connue de la population. Ainsi entre 400 000 et 700 000 personnes ignorent en souffrir. Pourtant, il est essentiel de détecter cette maladie au plus tôt pour prévenir son aggravation, comme en témoigne Marc, un patient du Professeur Olivier Bouchot équipé d’un cœur artificiel Carmat en attendant une greffe : « Il m’est arrivé le 5 janvier dernier un infarctus dont je ne me suis pas rendu compte. J’ai laissé traîner la situation deux jours et lorsque je me suis retrouvé à Dijon après avoir appelé le SAMU, mon cœur avait une insuffisance grave, puisque je n’étais plus qu’à 10-20 % d’éjection de sang. »

Antonin Tabard