Mieux détecter les troubles cognitifs avec Retin-AI

La future start-up lilloise Retin-AI entend faciliter l’évaluation et la rééducation des troubles cognitifs grâce à un système mêlant oculométrie et intelligence artificielle.

« À l’heure actuelle, on fait encore des tests avec un papier et un crayon. Ils sont peu précis, chronophages, et ne parviennent pas toujours à prédire les difficultés des patients dans la vie quotidienne. » Clément Brunet, doctorant à l’unité mixte de recherche sciences cognitives et sciences affectives à l’Université de Lille et au CNRS est le fondateur de Retin-AI, une future start-up destinée à l’évaluation et à la rééducation des troubles cognitifs. Il s’intéresse en particulier aux difficultés liées à la mémoire et à l’attention associées aux personnes TDAH (trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ou aux maladies neurodégénératives. 

Le doctorant projette de faciliter les tests en les digitalisant : « Des environnements virtuels réalistes seront projetés sur un écran d’ordinateur », décrit-il. Un dispositif d’oculométrie – qui permet d’enregistrer le mouvement des yeux – permettra de distinguer des marqueurs oculaires spécifiques à chaque trouble cognitif. « Les mouvements des yeux dépendent d’un vaste réseau dans le cerveau. Lorsque le patient est atteint de lésions cérébrales, il existe une forte probabilité qu’elles touchent également d’autres zones en charge de la fonction cognitive », explique-t-il. L’ensemble sera assisté par intelligence artificielle, « pour améliorer la précision de l’évaluation et sa rapidité ». 

Une mise sur le marché prévue pour 2030

Retin-AI a déjà réalisé une première étude sur une vingtaine de patients atteints de négligence spatiale unilatérale, une syndrome qui peut apparaître après une lésion cérébrale dans l’hémisphère droit et qui complique le traitement des informations visuelles se situant du côté gauche. D’autres pathologies seront testées par la suite, dans l’objectif d’une mise sur le marché à l’horizon 2030. 

Hébergé au sein de l’incubateur santé de la région Hauts-de-France Eurasanté depuis 2026, les recherches de Clément Brunet lui ont permis de remporter le concours PUI (pôle universitaire d’innovation) en 2025. Plus récemment, le doctorant a gagné le concours national i-PhD 2026.

Privacy Preference Center