Moustiques : MISArbO, une innovation au service d’une santé globale

Dengue, Chikungunya, virus du Nil occidental, Usutu… les arbovirus ne sont plus un risque lointain. Aussi face à la montée en puissance des virus transmis par les moustiques, la région Occitanie et la métropole de Montpellier ont décidé de passer à l’action avec MISArbO. Cofinancée par France 2030 et la région Occitanie, et soutenue par MedVallée, cette solution concrète permet de détecter les virus dans l’environnement, avant même l’apparition de cas humains ou animaux.

Face à la montée en puissance des virus transmis par les moustiques, la Région Occitanie et la Métropole de Montpellier passent à l’action avec MISArbO. (Crédit : National Institute of Allergy and Infectious Diseases / Unsplash)

Porté par la biotech montpelliéraine IAGE, en partenariat avec l’unité de recherche Inserm PCCEI, ce programme de biosurveillance territoriale s’appuie sur l’expertise entomologique d’Altopictus, opérateur de lutte antivectorielle pour l’ARS Occitanie. « Ce que nous proposons avec MISArbO, c’est un outil de biosécurité de terrain, détaille Franz Durandet, PDG de IAGE. Détecter un virus dans l’environnement, avant qu’il ne provoque un seul cas humain, c’est protéger la population avec un temps d’avance. »

MISArbO, une réponse concrète contre les virus véhiculés par les moustiques

Pour répondre à cette problématique de santé publique, dans une dynamique de veiller à la santé globale, dite “One Health”, ce système d’alerte anticipée se base sur l’analyse des eaux de gîtes larvaires et zones humides, mais aussi sur le piégeage de moustiques par xénomonitoring, ou encore par la surveillance des eaux usées. « La Région soutient depuis plus de 20 ans la démoustication du littoral méditerranéen. Le projet MISArbO est un des exemples de notre mobilisation en santé globale aux côtés de la métropole de Montpellier », commente Carole Delga, présidente de la région Occitanie.

En 2024, le dispositif a déjà permis d’identifier le virus du Nil occidental dans 11 communes, plusieurs semaines avant l’apparition de cas cliniques. Au cœur de ce projet, une complémentarité entre biotechnologie, recherche académique et expertise de terrain. Alors que IAGE développe les protocoles d’analyse de l’ADN environnemental par PCR digitale, Altopictus assure le déploiement de dispositifs de piégeage sur le terrain et le suivi des gîtes larvaires. Enfin, des chercheurs de l’université de Montpellier assurent l’analyse, la validation et l’interprétation des signaux détectés.

Antonin Tabard