Plaies chroniques : Mieux cicatriser grâce à l’innovation

Comment mieux comprendre les plaies chroniques pour enfin accélérer leur cicatrisation ? C’est l’ambition du nouveau laboratoire commun Olympe, porté par le CNRS, l’Université lyonnaise Claude Bernard et le groupe dijonnais Urgo. Une alliance scientifique et industrielle qui incarne une nouvelle génération d’innovation en santé : plus intégrée, plus translationnelle, et résolument tournée vers le patient.

Olympe réunit chercheurs et industriels pour percer les mystères des plaies chroniques et accélérer l’arrivée de pansements intelligents.
Olympe réunit chercheurs et industriels pour percer les mystères des plaies chroniques et accélérer l’arrivée de pansements intelligents. (Crédit : Illustration Urgo)

Les plaies chroniques touchent environ deux millions de personnes en France et représentent un défi médical majeur, souvent lié au diabète, au vieillissement ou à des troubles vasculaires. Leur persistance traduit une rupture dans les mécanismes naturels de réparation tissulaire, encore insuffisamment compris. Avec Olympe, chercheurs, cliniciens et ingénieurs entendent changer d’échelle, avec un objectif : décrypter finement les mécanismes biologiques en jeu et transformer ces connaissances en solutions thérapeutiques concrètes.

Olympe fait entrer les plaies chroniques dans une nouvelle ère

Pour Laurent Apert, directeur de la recherche chez Urgo, ce partenariat ouvre une nouvelle dynamique : « Nous allons pouvoir travailler sur des sujets fondamentaux, en prenant le temps de faire mûrir les réflexions et les développements. Et parallèlement, explorer de façon agile différentes pistes pour identifier de nouvelles voies prometteuses. » Une approche qui illustre la volonté de conjuguer temps long de la recherche et agilité de l’innovation.

Au cœur du projet, une vision renouvelée du soin. « Le pansement n’est plus un objet passif, il interagit désormais avec la plaie pour corriger certains troubles », souligne-t-il, confirmant l’évolution vers des dispositifs médicaux intelligents et actifs.

Quand la recherche réinvente la cicatrisation

Du côté académique, Dominique Sigaudo-Roussel, directrice du laboratoire de biologie tissulaire et d’ingénierie thérapeutique (LBTI), insiste sur la richesse interdisciplinaire du laboratoire : « Notre expertise se situe dans la compréhension des phénomènes associés à des tissus altérés, grâce à des disciplines allant de la biologie moléculaire à l’ingénierie tissulaire. » Une approche qui permet de croiser les regards pour mieux comprendre la complexité des processus de cicatrisation.

Avec Olympe, la recherche en santé s’inscrit dans une logique de co-construction entre science et industrie, où l’innovation ne se limite plus au produit, mais s’étend à la compréhension même du vivant. Une ambition qui pourrait redéfinir les standards de prise en charge des plaies chroniques à l’échelle internationale.

Antonin Tabard