Obésité : EktaH affiche des premiers résultats prometteurs

Alors que les traitements anti-obésité à base de GLP-1 révolutionnent la prise en charge des patients, leurs limites commencent à apparaître : reprise de poids après l’arrêt, perte de masse musculaire et effets secondaires digestifs. La biotech dijonnaise EktaH entend répondre à ces défis avec une approche inédite ciblant les récepteurs du goût du gras.

La start-up dijonnaise EktaH a aujourd'hui développé une molécule permettant de réactiver des récepteurs du goût du gras chez les personnes en situation d'obésité. (Crédit : ON HEALTH)
La start-up dijonnaise EktaH a aujourd’hui développé une molécule permettant de réactiver des récepteurs du goût du gras chez les personnes en situation d’obésité. (Crédit : ON HEALTH)

La société vient d’annoncer des résultats préliminaires positifs de phase I pour son candidat médicament oral NKS-3, une molécule conçue pour réactiver les récepteurs gustatifs du gras CD36 et GPR120 situés sur la langue. Contrairement aux agonistes du GLP-1 qui apportent des hormones de manière exogène, cette technologie vise à stimuler la production naturelle d’hormones de satiété comme le GLP-1, la cholécystokinine ou encore le peptide YY.

EktaH mise sur le “goût du gras” pour dépasser les limites du GLP-1

« Nos données montrent que le dysfonctionnement des récepteurs gustatifs du gras est une caractéristique mesurable et traitable de l’obésité, explique Naim Khan, directeur scientifique et cofondateur d’EktaH. En rétablissant la capacité innée de l’organisme à détecter les graisses alimentaires et à réguler la satiété, nous nous attaquons à l’obésité à sa source physiologique. »

Les résultats précliniques sont particulièrement remarqués : chez des souris précédemment traitées au sémaglutide, le NKS-3 aurait permis de réduire d’environ 50 % la reprise de poids après arrêt du traitement, tout en préservant la masse maigre. Les premiers résultats cliniques montrent également une réduction de la masse grasse sans effets indésirables graves signalés.

Pour Xavier Boidevezi, PDG et co-fondateur d’EktaH, l’enjeu est stratégique : « La reprise de poids est le principal défi non résolu dans le traitement de l’obésité. Nos données positionnent le NKS-3 comme un potentiel traitement de maintien du poids dont le marché a un besoin urgent. » La biotech prévoit un lancement de phase II en 2027 avec l’étude multicentrique SERENITY-1.

Antonin Tabard