Cancer du pancréas : le CHU Grenoble-Alpes teste le radium 224

Il arrive qu’un patient atteint d’un cancer ne soit pas opérable. Alors, afin de pallier ce problème, le Professeur Gaël Roth a mené l’étude Acapella au sein du CHU Grenoble-Alpes, pour évaluer une technologie de radiothérapie interne ciblée. Le 22 avril, il y réalisait la toute première implantation en Europe de bâtonnets de titane recouverts de radium 224 capables de délivrer une irradiation localisée directement au cœur de la tumeur.

Le CHU Grenoble-Alpes réalise en Europe la première implantation de bâtonnets au radium 224 pour traiter un cancer du pancréas inopérable.
Le CHU Grenoble-Alpes réalise en Europe la première implantation de bâtonnets au radium 224 pour traiter un cancer du pancréas inopérable. (Crédit : CHU Grenoble-Alpes)

L’opération, réalisée en partenariat avec l’entreprise Alpha Tau Medical, inventrice de ce procédé innovant nommé DaRT (Diffusing alpha radiation therapy), s’est déroulée sous écho-endoscopie. S’il s’agit encore d’un traitement expérimental, les premiers résultats se montrent intéressants.

Une implantation peu invasive

Concrètement, l’implantation a été réalisée en passant par les voies digestives supérieures. Les sources radioactives ont quant à elles été placées à travers l’estomac « de manière mini-invasive par contrôle écho-endoscopique », précise le CHU. Cette approche innovante ne peut toutefois être menée que pour les patients dont la maladie est stabilisée par une chimiothérapie d’induction.

Et si des essais sont en cours au Canada, aux États-Unis et en Israël, Acapella souhaite se distinguer par son « positionnement stratégique », qui est de «‌‍ proposer une alternative à la radiothérapie conventionnelle, dont l’efficacité reste limitée dans ce contexte ». En effet, « la situation non-opérable mais restant localisée au pancréas touche 30 à 40% des patients, précise le Professeur Gaël Roth. Dans ce cas, il est impossible d’extirper la tumeur pour des raisons anatomiques mais il semble intéressant d’essayer de neutraliser localement la maladie pour stopper sa progression ». En tout, 40 patients bénéficieront de cette implantation.

Morgane Poulet,
Correpondante à Grenoble