Une “usine bactérienne” pour soigner demain ?

À l’Institut Femto-ST, la bioproduction de thérapies innovantes ouvre de nouvelles perspectives pour la médecine de demain. Au cœur de ces recherches, Annie Frelet-Barrand explore le potentiel d’une bactérie bien connue de l’industrie agroalimentaire : Lactococcus lactis. « On cherche à produire des protéines biomédicaments ou des protéines entrant dans la fabrication des biomédicaments de demain », explique la chercheuse CNRS. Objectif ? Développer des solutions capables d’améliorer la compréhension des maladies et d’ouvrir la voie à des traitements plus ciblés.

À FEMTO-ST, une bactérie devient une usine à biomédicaments pour développer les thérapies innovantes de demain.
À Femto-ST, une bactérie devient une usine à biomédicaments pour développer les thérapies innovantes de demain. (Crédit : Archives Femto-ST)

Au cœur de ses travaux, la bactérie Lactococcus lactis suscite aujourd’hui un intérêt croissant dans le domaine des biotechnologies. Selon Annie Frelet-Barrand, elle constitue « une usine prometteuse et efficace pour la production de protéines fonctionnelles », notamment des protéines membranaires. Ces dernières représentent un enjeu majeur pour l’industrie pharmaceutique puisqu’elles sont « les cibles de plus de 70 % des médicaments actuels ».

Produire les médicaments du futur avec des bactéries

L’un des défis scientifiques réside dans la capacité à produire ces protéines complexes dans des systèmes biologiques adaptés afin de « mieux les connaître, mieux les comprendre et améliorer les traitements chimiques actuels ». Les travaux menés à Femto-ST visent ainsi à optimiser l’expression de protéines thérapeutiques directement dans cette bactérie, mais aussi de protéines utilisées dans la fabrication de futures thérapies innovantes.

Les applications potentielles sont nombreuses. « Cette bactérie peut servir dans les traitements des cancers, ou d’autres types de maladies, y compris les maladies liées au microbiome intestinal », souligne la chercheuse. Une approche qui illustre l’essor des biothérapies et la place croissante des micro-organismes dans la médecine personnalisée. À travers ces recherches, Femto-ST confirme son rôle dans le développement de technologies de rupture au service de l’innovation santé.

Antonin Tabard