Ocytosigne mise sur une santé plus inclusive

« Tout part d’un constat de terrain : je suis interprète en langue des signes et j’ai constaté que les personnes sourdes et malentendantes manquaient d’accès à la santé », explique Eve Alvarenga, basée à Annecy. En effet, en France, cinq millions de personnes sont sourdes ou malentendantes. Parmi elles, 84 % ont déjà renoncé aux soins par manque d’accessibilité. C’est pour cela qu’en octobre 2024, elle présente son projet Ocytosigne au concours des 101 femmes entrepreneurs, à l’issue duquel elle termine lauréate.

À Annecy, Eve Alvarenga a créé Ocytosigne, une plateforme qui doit faciliter l’accès aux soins des personnes sourdes et malentendantes.
À Annecy, Eve Alvarenga a créé Ocytosigne, une plateforme qui doit faciliter l’accès aux soins des personnes sourdes et malentendantes. (Crédit : Alice Santini)

Il s’agit d’une plateforme en ligne pour « aller plus loin qu’une plateforme classique, comme Doctolib ou Qare, précise-t-elle. Ocytosigne n’a pas vocation à seulement être un annuaire qui recense des professionnels, mais veut former ces derniers à communiquer avec des personnes sourdes et malentendantes grâce à des supports et des modes de communication adaptés à chaque forme de surdité. »

Adapter les consultations

Concrètement, Ocysotigne s’occupera de former aux différents profils de surdité, d’adapter la communication en fonction et de fournir des supports visuels. L’idée est de s’adresser aux professionnels volontaires ainsi qu’aux étudiants, comme à travers la création d’une formation de deux jours entre la quatrième et la sixième année.

Encore au stade de projet, Ocytosigne pourrait voir le jour en tant qu’entreprise d’ici peu. « Il reste encore à développer la technologie et l’aspect protection des données, ajoute Eve Alvarenga. Et, bien sûr, il s’agira de trouver des formateurs pour, petit à petit, arriver à 50 à 100 professionnels de santé formés qui pourront tester la solution. J’espère atteindre la centaine d’ici fin 2026 dans la région et qu’en 2030, soit confirmé le fait qu’Ocytosigne fonctionne pour le mettre en place dans le territoire métropolitain. »

En gardant en tête l’objectif de l’étendre aux territoires d’Outre-mer, voire aux pays francophones. Pour l’heure, un projet pilote est mené en pédiatrie depuis 2025 à l’hôpital Femme mère enfant de Bron.

Morgane Poulet,
Correspondante à Grenoble