Immunothérapie : Kainova à l’attaque des tumeurs solides avancées

La BioTech Kainova Therapeutics poursuit le développement clinique de DT-7012, son candidat médicament en immuno-oncologie. L’entreprise canadienne, implantée notamment à Strasbourg-Illkirch, a annoncé le traitement du premier patient en France dans l’expansion européenne de son essai clinique de phase I/II DOMISOL. L’étude évalue un anticorps monoclonal anti-CCR8 chez des patients atteints de tumeurs solides avancées.

Implantée à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg, Kainova Therapeutics poursuit le développement clinique de DT-7012, une immunothérapie expérimentale contre les tumeurs solides avancées.
Implantée à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg, Kainova Therapeutics poursuit le développement clinique de DT-7012, une immunothérapie expérimentale contre les tumeurs solides avancées. (Crédit : ON HEALTH)

L’essai, déjà lancé en Australie, s’étend désormais à plusieurs centres français de référence, dont les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS), l’institut Gustave Roussy à Paris et l’Institut Bergonié à Bordeaux. À Strasbourg, l’étude est portée par le Dr Lauriane Eberst, investigatrice aux HUS.

Cibler les freins de l’immunité anti-tumorale

L’approche de Kainova repose sur une idée centrale : dans certaines tumeurs, le système immunitaire n’est pas seulement insuffisamment activé, il peut aussi être freiné localement par son environnement. DT-7012 vise ainsi les Tregs, des cellules immunitaires régulatrices qui jouent normalement un rôle utile pour éviter les réactions excessives, mais qui peuvent, dans la tumeur, limiter la réponse anticancéreuse.

En ciblant CCR8, une molécule présente sur certaines de ces cellules, l’objectif est de réduire cette immuno-suppression locale et de rendre le micro-environnement tumoral plus favorable à l’action du système immunitaire. DT-7012 est évalué seul, puis en combinaison avec le pembrolizumab, une immunothérapie déjà utilisée dans plusieurs cancers. « Le traitement du premier patient en Europe marque une étape clé dans la maturation clinique de notre programme phare », souligne le Docteur Jean-Marie Cuillerot, directeur médical de Kainova Therapeutics.

Une étape précoce mais stratégique

L’essai DOMISOL reste à un stade précoce : il vise d’abord à évaluer la sécurité, la tolérance et le comportement du médicament dans l’organisme. Les premières données devront confirmer si cette stratégie peut générer un signal clinique chez les patients atteints de cancers avancés.

Pour Strasbourg, cette étude illustre aussi le rôle croissant des HUS dans les essais précoces en oncologie, au croisement de la recherche clinique, de l’innovation thérapeutique et des collaborations internationales.

Guillaume Freund,
Correspondant à Strasbourg

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