Le CHU de Lille inaugure son IRM de pointe

Une nouvelle IRM d’une puissance magnétique deux à trois fois supérieure à la normale. C’est ce que le CHU de Lille a mis en place fin 2025, avec son nouvel appareil 7 Tesla – du nom de la force magnétique utilisée. « La plupart des IRM sont de 1,5 à 3 Tesla. Cette nouvelle machine nous permet de faire des images beaucoup plus précises, de l’ordre du dixième de millimètres, soit un grain de sable », décrit Grégory Kuchcinski, professeur en radiologie et imagerie médicale et chef du service neuroradiologie du CHU de Lille. De quoi permettre de « voir des lésions de très petites tailles », concernant les épilepsies par exemple, ou d’étudier la structure de l’hippocampe pour les malades d’Alzheimer.

L’IRM 7 Tesla possède une puissance magnétique bien supérieure à la normale pour détecter des lésions jusqu’alors invisibles.
L’IRM 7 Tesla possède une puissance magnétique bien supérieure à la normale pour détecter des lésions jusqu’alors invisibles. (Crédit : CHU de Lille)

Cette technologie est d’autant plus rare qu’il n’en existe que cinq en France, dont trois seulement utilisées dans le cadre des soins. Si environ 200 patients ont pu en bénéficier depuis son installation, le CHU de Lille souhaite diviser son utilisation à part égale entre soins et recherches. « On est limité au cerveau et aux genoux, explique le radiologue. On envisage aussi de l’élargir à l’abdomen par exemple. Mais cela nécessite le développement de matériel adapté à ces organes. » 

Des projets de recherches en cours grâce à ce nouvel IRM

Pour être efficace, l’IRM 7 Tesla nécessite en effet d’être parfaitement immobile pendant 8 à 10 minutes. L’air retrouvé dans les poumons et le système digestif rend cependant l’étude bien plus difficile, et brouille les images. Alors que des études sur le cerveau ont déjà été effectuées, le CHU de Lille souhaite donc poursuivre l’exploration de cette nouvelle technologie. « On a répondu à des appels à projets et nous pourrons débuter en septembre », se réjouit Grégory Kuchcinski.

Mais l’installation de cet outil dernier cri à un prix : 30 millions d’euros en tout, dont 19 millions pour l’achat de la machine et sa mise en place. Le projet a donc été soutenu par de nombreux organismes comme l’Union européenne, l’Etat, la Région Hauts-de-France, la Métropole européenne de Lille ou encore l’ARS. L’IRM 7 Tesla s’inscrit par ailleurs au sein du projet ARIANES, dont l’objectif est de rendre l’imagerie médicale accessible au plus grand nombre. Qualifié « d’IRM citoyenne », ce maillage territorial facilitera l’expertise médicale pour l’ensemble de la région. Aujourd’hui déjà, le radiologue est fier de pouvoir accueillir des patients originaires de villes dépassant les frontières régionales, comme Rouen, Paris, Lyon ou Reims. « Pour tout le nord de la France, on va devenir une référence. »

Brianne Huguerre-Cousin,
Correspondante à Lille

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