Le CHU de Nantes au cœur d’une avancée majeure contre le myélome

Le CHU de Nantes confirme son rôle moteur dans l’innovation en hémato-oncologie. À travers deux essais cliniques internationaux présentés au congrès de l’American society of clinical oncology – ASCO et publiés dans le New England Journal of Medicine, les équipes du Professeur Cyrille Touzeau démontrent le potentiel des anticorps bispécifiques pour transformer la prise en charge du myélome multiple.

Hématologue et responsable du centre d'investigation clinique d'hémato-cancérologie du CHU de Nantes, le Professeur Cyrille Touzeau a récemment publié des résultats prometteurs dans la prise en charge du myélome multiple.
Hématologue et responsable du centre d’investigation clinique d’hémato-cancérologie du CHU de Nantes, le Professeur Cyrille Touzeau a récemment publié des résultats prometteurs dans la prise en charge du myélome multiple. (Crédit : CHU de Nantes)

Premier enseignement majeur : l’utilisation précoce du Teclistamab, une immunothérapie de nouvelle génération, dès la première rechute de la maladie. Menée dans 24 pays auprès de 593 patients, l’étude montre qu’après 18 mois de suivi, 70 % des patients traités par Teclistamab n’ont pas connu de nouvelle rechute, contre 27 % avec les traitements conventionnels. Le taux de survie atteint également 80 %, contre 70 % dans le groupe de référence.

Des immunothérapies qui rebattent les cartes du myélome

Pour le Professeur Cyrille Touzeau, hématologue et responsable du centre d’investigation clinique d’hémato-cancérologie du CHU de Nantes, ces résultats ouvrent la voie à une évolution profonde des stratégies thérapeutiques. « Ces traitements par anticorps bispécifiques sont encore plus efficaces quand ils sont utilisés à des stades précoces de la maladie, souligne-t-il. Nous évaluons actuellement ces médicaments dès la première ligne, avec pour intention de remplacer la chimiothérapie intensive avec autogreffe toujours considérée comme traitement standard chez les patients jusqu’à l’âge de 70 ans. »

Autre avancée prometteuse : l’Elranatamab, testé chez des patients atteints d’un myélome indolent à haut risque d’évolution. Après quatorze mois de suivi, 72 % des patients sont en rémission complète et 90 % présentent une maladie résiduelle indétectable. Aucun n’a développé de forme symptomatique.

Ces résultats illustrent l’émergence d’une médecine plus ciblée et plus précoce, capable de mobiliser le système immunitaire contre la tumeur. Une innovation qui pourrait, à terme, redéfinir les standards thérapeutiques du myélome multiple.

Antonin Tabard

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