SmartCatch, une medtech au service de la lutte contre le cancer

Installée à Toulouse, SmartCatch développe des micro-dispositifs capables de filtrer les fluides corporels de patients atteints de cancer pour isoler les cellules anormales. Objectif : améliorer les diagnostics et mieux adapter les traitements. 

Elle veut révolutionner les traitements contre le cancer. Créée en 2016, la start-up issue du CNRS, est née d’un projet de valorisation des travaux de recherches réalisés au sein du LAAS (laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes). « Le projet a été initié en 2012, nous avons ensuite déposé le brevet princeps, nous avons négocié le premier contrat de licence avant de créer l’entreprise en 2016 pour transférer ces découvertes à l’industrie », explique Aline Cerf, CEO et co-fondatrice de SmartCatch.

SmartCatch développe une technologie de microfiltration pour capturer les cellules tumorales et personnaliser les traitements du cancer.
SmartCatch développe une technologie de microfiltration pour capturer les cellules tumorales et personnaliser les traitements du cancer. (Crédit : SmartCatch)

L’innovation brevetée de SmartCatch repose sur la microfiltration des fluides corporels : sang, urines, liquides d’épanchements ou encore liquide céphalo-rachidien. « Le système fonctionne comme un tamis avec une filtration mécanique. Le fluide passe à travers ce maillage : les cellules saines, plus petites et plus déformables passent à travers, tandis que les cellules anormales sont capturées », précise Aline Cerf.

Filtrer les cellules tumorales pour mieux soigner

Ces cellules, responsables des métastases, vont devenir un indicateur complémentaire au pronostic, notamment en fonction de leur nombre. Leur suivi dans le temps permet aussi de mesurer l’efficacité thérapeutique : « Nous pouvons les monitorer dans le temps, c’est-à-dire suivre leur nombre, avant et après les thérapies. Cela permet de prédire la réponse au traitement », souligne la chercheuse. Autre atout : les cellules capturées restent vivantes. Elles peuvent être cultivées et utilisées in vitro pour tester différents traitements.

Commercialisés depuis l’an dernier, ces filtres s’adressent uniquement à un marché de recherche, académique ou privé : les centres régionaux de lutte contre le cancer, les groupes hospitaliers qui font de la recherche en oncologie, mais aussi les CRO (contract research organization).

SmartCatch : une nouvelle arme contre les métastases

Prochaine étape pour la société : commercialiser, d’ici deux ans, un système à destination des hôpitaux, laboratoires de référence ou industries pharmaceutiques, pour permettre de personnaliser les traitements. « La cellule tumorale est responsable des métastases. Il est essentiel de pouvoir les analyser au niveau multi-omique, c’est-à-dire analyser l’ADN, les protéines et l’ARN, de manière à pouvoir personnaliser le traitement en fonction de chaque profil de patient. Chaque cancer est unique or aujourd’hui on traite les cancers de manière un compartimentée. »

Lauréate du plan France 2030, la société qui emploie dix-huit salariés entend renforcer sa production en interne et poursuivre son développement. « Le rêve à long terme serait de pouvoir filtrer la totalité du volume sanguin des patients pour retirer toutes les cellules anormales du corps. Cela permettrait d’utiliser cette technique comme un traitement », espère Aline Cerf.

Céline Labesque,
Correspondante à Toulouse

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