L’impression 3D révolutionne la recherche contre le cancer

Et si une réplique fidèle de la tumeur d’un patient permettait de choisir plus rapidement le traitement le plus efficace ? C’est la promesse de la technique de bio-impression 3D développée par les équipes du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon. Présentée le 20 avril dernier lors du congrès annuel de l’American Association for Cancer Research à San Diego, cette innovation pourrait transformer les modèles précliniques utilisés en oncologie et accélérer l’avènement d’une médecine véritablement personnalisée.

La bio-impression 3D de tumeurs pourrait accélérer la médecine de précision en testant les traitements directement sur des avatars.
La bio-impression 3D de tumeurs pourrait accélérer la médecine de précision en testant les traitements directement sur des avatars. (Crédit : Centre de recherche en cancérologie de Lyon)

Le procédé consiste à fabriquer, à partir de cellules tumorales issues de lignées cellulaires ou directement de biopsies de patients, des « avatars » de tumeurs reproduisant fidèlement leurs caractéristiques biologiques. Contrairement aux cultures cellulaires traditionnelles en deux dimensions, ces modèles bio-imprimés permettent de mieux prédire la réponse à différents traitements, qu’il s’agisse de chimiothérapies, de thérapies ciblées ou d’anticorps conjugués.

Cancer : des tumeurs 3D pour mieux prédire les traitements

L’une des principales avancées du projet Lung3DPrint réside dans la réussite de la bio-impression de tumeurs fraîches de cancer du poumon. Les chercheurs sont parvenus à produire des modèles viables quelques jours seulement après la biopsie, là où les organoïdes nécessitent parfois plusieurs mois de culture. Un gain de temps déterminant pour intégrer ces outils dans le parcours de soins des patients.

« L’accès facilité à des échantillons de tumeurs issues de patients est un atout inestimable pour parvenir à appliquer les technologies de bio-impression dans le domaine du cancer. Ce premier succès pour les cancers du poumon ouvre la voie à une application dans d’autres types de cancers », souligne le Professeur Michaël Duruisseaux, porteur du projet Lung3DPrint.

Fruit d’une collaboration entre le Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon, sa plateforme 3D-ONCO et les Hospices Civils de Lyon, cette innovation pourrait, à terme, remplacer une partie des modèles expérimentaux actuels et offrir aux cliniciens un outil plus rapide et plus fiable pour orienter les décisions thérapeutiques, au bénéfice des patients.

Antonin Tabard

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