Abivax : de la recherche française au Nasdaq, la biotech qui inspire

Fin juillet, Abivax dévoilait des résultats très prometteurs de ses deux essais cliniques de phase III évaluant obefazimod chez des patients atteints de rectocolite hémorragique modérément à sévèrement active. Dans la foulée, le titre de la biotech française grimpait de plus de 520 % au cours de la journée du mercredi 23 juillet, pour finir valorisée à 3,6 milliards d’euros à la clôture de la Bourse de Paris (près de dix fois plus que la veille). Sur le Nasdaq, à New-York, son cours s’envolait également de plus de 560 % peu après l’ouverture. Une success-story qui a pourtant commencé sur une toute autre cible.

Abivax n'a jamais été aussi près de commercialiser son traitement contre les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin... Retour sur cette success-story !
Abivax n’a jamais été aussi près de commercialiser son traitement contre les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin… Retour sur cette success-story ! (Crédit : ON HEALTH)

« L’histoire est très originale, souligne Marc de Garidel, président – directeur général d’Abivax, parce qu’initialement, nous développions un médicament pour essayer d’empêcher la réplication du virus du Sida. C’est en testant ce médicament chez des patients atteints du Sida qu’on s’est rendu compte que leur inflammation dans l’intestin était réduite. »

Comment Abivax est devenue l’une des pépites de la biotech mondiale

C’est finalement dans la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin comme la rectocolite hémorragique qu’Abivax ré-orientera rapidement ses études : « Grâce à cela, on s’est rendu compte que chez les souris, il y avait un effet anti-inflammatoire important, ce qui a amené ensuite à faire la phase I, la phase II et là, récemment, cette phase III d’induction très positive pour les patients, puisque l’obefazimod fonctionne bien chez des patients dits peu sévères, mais aussi chez les patients en échec thérapeutique. »

Cette étude menée dans 600 centres cliniques répartis sur 36 pays serait la deuxième plus grande étude de l’histoire dans le domaine de la rectocolite hémorragique, et la plus belle jamais faite, d’après les experts, avec notamment un effet placebo le plus bas jamais enregistré dans une étude de phase III. La recette d’une telle success-story ? « Essayer de bien comprendre comment cela fonctionne et dérisquer dans les essais cliniques tout ce qui pourrait ne pas aller. Un médicament, c’est la combinaison d’une efficacité et d’effets secondaires, et ce qu’il faut, c’est qu’il y ait un rapport bénéfice-risque favorable. »

Antonin Tabard