Cancer du sein : le CHU de Poitiers se tourne vers la cryothérapie

Il y a quelques semaines maintenant, le CHU de Poitiers utilisait pour la première fois la cryothérapie pour traiter le cancer du sein. Une femme âgée de 90 ans a en effet été la première patiente de l’établissement à bénéficier de ce type de procédure dans le cadre de son traitement. Une procédure « en ambulatoire, rapide, simple et mini invasive », souligne le Docteur Julie Vibert, radiologie et responsable de l’unité de sénologie du CHU de Poitier, déjà utilisée depuis plusieurs années pour traiter d’autres formes de cancers.

Cet été, le CHU de Poitiers a utilisé pour la première fois la cryothérapie pour traiter le cancer du sein.
Cet été, le CHU de Poitiers a utilisé pour la première fois la cryothérapie pour traiter le cancer du sein. (Crédit : CHU de Poitiers)

« Ce traitement permet d’agrandir les traitements thérapeutiques contre un cancer de plus en plus fréquent avec des thérapies qui permettent de proposer un programme personnalisé à chaque patiente, explique le Docteur Nathalie Bourneton, chirurgienne. De plus, il répond à une problématique liée aux patientes âgées et aux risques anesthésiques. »

La cryothérapie étendue au cancer du sein, en l’absence de récidive

Sous anesthésie locale, en collaboration avec le service de radiologie interventionnelle, cette procédure consiste à insérer une aiguille contenant de l’azote liquide directement dans la tumeur, sous contrôle échographie, afin de venir geler et détruire les cellules cancéreuses par l’effet du froid. « Nous réalisons deux phases de refroidissement, avec un intervalle d’environ dix minutes pour nous assurer que toutes les cellules cancéreuses soient bien détruites. La patiente reste sous surveillance pendant une heure au terme de laquelle elle peut quitter l’hôpital s’il n’y a pas de complications », complète le Docteur Julie Vibert.

Si cette technique permet d’enrichir l’éventail d’alternatives à la chirurgie conventionnelle développées pour le traitement du cancer du sein, le CHU de Poitiers et son service de sénologie se sont engagés à participer à un programme hospitalier de recherche clinique en cancérologie, mené par l’Institut Curie. « L’un des autres atouts de la cryothérapie est de conserver in situ les débris cellulaires de la tumeur qui seront ensuite éliminés par le système immunitaire. Plusieurs études suggèrent que cela participerait à éduquer le système immunitaire contre elles », explique le Docteur Margaux Court, radiologue et investigatrice locale de l’étude.

Antonin Tabard