Cancer : L’ICB intègre l’oncocardiologie dans le parcours de soins

Depuis 2021, l’Institut de Cancérologie de Bourgogne s’est associé à l’équipe de cardiologie du Bocage et au pôle de cardiologie Dijonnais pour intégrer un suivi cardiologique dans son parcours de soins. Objectifs ? Faciliter au maximum l’accès à la consultation en cardiologie des patients suivis en oncologie et prévenir les risques cardiovasculaires directement liés aux traitements.

Cardiologue au sein du plateau technique de cardiologie, le Docteur Julien Aulagne propose des consultations d'oncocardiologie, en lien avec l'Institut de Cancérologie de Bourgogne.
Cardiologue au sein du plateau technique de cardiologie, le Docteur Julien Aulagne propose des consultations d’oncocardiologie, en lien avec l’Institut de Cancérologie de Bourgogne. (Crédit : ON HEALTH)

« Ces dernières années, nous avons vu apparaître de nouvelles thérapeutiques anticancéreuses extrêmement efficaces, mais avec une cardiotoxicité importante, qu’elle soit immédiate ou retardée parfois plusieurs années après le traitement », reconnaît le Docteur Julien Aulagne, cardiologue au sein du plateau technique de cardiologie.

Des consultations d’oncocardiologie avant, pendant et après les traitements

Si les nouvelles thérapies ont fait croître le nombre de patients, les prises en charge plus traditionnelles ne sont pas sans conséquences. Si la radiothérapie présente le moins de toxicité, certains patients peuvent déclarer des cardiopathies radiques dans les 5 à 15 années qui suivent leur traitement. L’immunothérapie présente, elle, une complication très rare mais particulièrement grave, la myocardite. Les thérapies ciblées, très utilisées notamment en sénologie, justifient d’un suivi trimestriel et prolongé. Enfin, des cardiotoxicités ont aussi été reconnues dans certaines chimiothérapies, notamment dans la prise en charge des cancers hématologiques à partir d’une certaine dose.

Face à ces constats, des consultations d’oncocardiologie ont été mises en place de manière quasi systématiques selon les traitements, avant, pendant, et après les soins. « L’objectif est de dépister et traiter une maladie cardiaque induite par le traitement du cancer le plus tôt possible. Le cas dramatique est de voir arriver un patient guéri de son cancer menacé par une insuffisance cardiaque avérée, avec une espérance de vie à 5 ans inférieure à 50 % », détaille le cardiologue.

Un protocole et des réponses thérapeutiques personnalisées

Avant le lancement du traitement, les patients sont ainsi reçus en consultation pré-thérapeutique pour vérifier qu’il n’y ait pas de cardiopathie préexistante et mettre en place une correction des facteurs de risques cardiovasculaires optimale. La fréquence de suivi est ensuite définie pour pouvoir prévenir et détecter une cardiopathie le plus précocement possible : « Notre but commun est de faire bénéficier au patient du meilleur traitement oncologique. Nous adapterons donc notre traitement cardioprotecteur en fonction. »

Cet article a été réalisé en partenariat avec l’Institut de Cancérologie de Bourgogne.