Le Rendez-vous : Endométriose, encore beaucoup d’errance

Dans ce nouveau numéro du Rendez-vous de l’innovation santé, ON HEALTH s’intéresse à l’endométriose. Une maladie qui, d’après l’Assurance maladie, toucherait près d’une femme sur dix. Malgré ces chiffres, l’endométriose est encore mal diagnostiquée et n’a pas encore trouvé son traitement. Comment l’expliquer ? Où en est la recherche ? Y a-t-il un espoir de pouvoir, un jour, en guérir ? Décryptage.

Ce nouveau numéro du Rendez-vous de l’innovation santé s’intéresse aujourd’hui à l’endométriose, avec la participation de Gynger, l’expertise du docteur Émilie Joyeux et le témoignage de Maëva Millet. (Crédit : ON HEALTH)

Cette errance diagnostic à laquelle sont confrontées les patientes pourrait-elle être réduite par l’innovation ? Les professionnels de santé manquent-ils de formations spécifiques ? En plateau pour en débattre, le docteur Émilie Joyeux, gynécologue obstétricienne, spécialiste de l’endométriose, Quentin Marquet, co-fondateur et directeur médical de Gynger, et Maëva Millet, patiente atteinte d’endométriose et engagée dans le monde associatif.

Endométriose : plusieurs années d’errance avant un diagnostic

Pour Maëva Millet, si les premiers symptômes sont apparus autour de ses 17 ans, elle a rapidement été prise en charge : « Ma maman en était elle-même atteinte, ça nous a tout de suite mis la puce à l’oreille. » Une situation qui n’est pas partagé par toutes les patientes : « L’endométriose, c’est en moyenne sept ans entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic », observe Quentin Marquet. Un constat que partage le docteur Émilie Joyeux, pour qui si « on a maintenant pris le sujet des douleurs féminines, pendant longtemps, c’étaient des douleurs qui semblaient normales », de rappeler que « sept ans sans traiter les douleurs c’est quand même pas normal ». « L’endométriose va provoquer des douleurs pelvipérinéales chroniques, détaille-t-elle, mais on sait qu’on a des patientes avec des douleurs identiques qui n’ont pas d’endométriose. »

Pour palier ce manque d’information, les filières régionales comme EndoBFC mettent en place des programmes d’éducation thérapeutiques pour permettre aux patientes de prendre en main leur pathologie et qu’elles comprennent les mécanismes de douleurs. De son côté, la start-up Gynger a conçu une messagerie gynécologique pour permettre aux patientes d’être mieux orientées grâce à des professionnels de santé formés à l’endométriose. Enfin, côté diagnostic, la société Ziwig a obtenu dernière un accès précoce de la Haute autorité de santé pour son Endotest, afin d’établir un diagnostic non-invasif, plus performant et accéléré.