Noé, l’IA qui permet de débloquer l’innovation médicale

Depuis décembre 2024, l’application française Noé aide chercheurs et fabricants à réaliser plus vite leurs revues scientifiques. Une avancée précieuse alors que l’Europe voit disparaître certains dispositifs médicaux, faute de pouvoir répondre aux nouvelles contraintes réglementaires.

Depuis décembre 2024, L'application lilloise Noé aide les chercheurs et fabricants à réaliser plus rapidement leurs revues de littérature scientifique, avec une plus grande fiabilité et une meilleure qualité.
Depuis décembre 2024, L’application lilloise Noé, présentée à Med’inov cette année, aide les chercheurs et fabricants à réaliser plus rapidement leurs revues de littérature scientifique, avec une plus grande fiabilité et une meilleure qualité. (Crédit : Noé)

Le secteur des dispositifs médicaux traverse une crise. Les innovations françaises peinent à sortir sur le marché européen. En cause, une réglementation durcie après plusieurs scandales sanitaires, qui impose un cahier des charges très contraignant pour certifier les produits.

Des patients privés d’options thérapeutiques

Les conséquences s’observent dans tous les domaines. En 2024, plus de 50 % des fabricants français ont déjà retiré certains produits ou envisagent de le faire, selon MedTech Europe.

Beaucoup choisissent désormais de lancer leurs innovations aux États-Unis, où la validation est plus rapide. « C’est une perte énorme pour les patients français, avec moins de produits sur le marché », regrette Bopha Suybeng, ancienne pharmacienne et fondatrice de Noé.

Plusieurs fabricants ont déjà arrêté certaines gammes de prothèses de hanches, réduisant les options pour les chirurgiens. En orthopédie, un microcathéter a été supprimé du marché européen, privant les praticiens d’un outil essentiel pour des interventions délicates.

Une revue scientifique accélérée et fiabilisée

Pour répondre à ce blocage, Bopha Suybeng a lancé le développement de Noé en 2021. Mise sur le marché en décembre 2024, l’application automatise l’une des étapes les plus lourdes : la revue de littérature scientifique. « Depuis le durcissement de la législation, jusqu’à 100 % des effectifs sont mobilisés sur des mises à jour réglementaires plutôt que sur l’innovation », explique-t-elle. Avec Noé, ce travail est réduit de 60 %.

Déjà adoptée par une vingtaine d’entreprises et plusieurs instituts de recherche, notamment en cancérologie et en gérontologie, Noé séduit par son efficacité et sa transparence : « Chaque donnée est traçable et auditable, conformément aux exigences européennes », précise la fondatrice.

Avec Noé, l’objectif est clair : redonner aux patients européens l’accès à des innovations médicales aujourd’hui menacées. « Chaque mois gagné peut se traduire par un traitement accessible plus vite », conclut Bopha Suybeng.

Virginie Menvielle,
Correspondante à Lille