Santé, IA et maladies rares : le grand virage dévoilé au festival de Deauville

Le FestiComSanté a rassemblé plus de 650 participants — professionnels de santé, associations de patients, start-up, médias et institutions — à Deauville, les 27 et 28 novembre derniers, autour du thème « La communication au service de la santé publique ». L’édition 2025 a aussi marqué un tournant institutionnel : avec le lancement du nouveau prix FestiComMed, dédié à la communication scientifique et médicale de qualité.

Pour sa 35e année, le Festival de la communication santé a mis la focale sur la communication au service de la santé publique. Au cœur des débats la santé, l'IA et les maladies rares.
Pour sa 35e année, le Festival de la communication santé a mis la focale sur la communication au service de la santé publique. Au cœur des débats la santé, l’IA et les maladies rares. (Crédit : ON HEALTH)

« Une étude faite par Ipsos BVA a montré à quel point il y a à la fois une appétence pour la prévention, mais 36 % des gens n’écoutent pas ces messages de prévention, et même 6 % ne se sentent pas intéressés par les messages de prévention, explique Dominique Noel, présidente du FestiComSanté. On a vu comment la presse grand public s’empare de ces sujets, mais aussi comment la presse professionnelle est très vigilante au niveau des infox. »

L’IA générative : vers une information santé sous influence

Parmi les temps forts, une table ronde intitulée « Santé & IA générative : l’information sous influence ? » a mis en lumière le rôle croissant des outils comme ChatGPT dans la recherche d’information santé. Les intervenants ont alerté : si ces IA deviennent des réflexes pour des millions d’utilisateurs, elles posent des questions cruciales de fiabilité. Qui garantit que les réponses sont solides, validées, à jour — particulièrement sur des sujets médicaux sensibles ? Pour répondre, le festival a souligné l’importance de faire des acteurs reconnus (institutions, médias spécialisés, laboratoires) des sources prioritairement citées ou référencées par les IA génératives. Cette approche pourrait structurer une information santé plus fiable, en évitant désinformation et simplification abusive.

« L’IA générative est une révolution pour les usages, les patients, les internautes qui vont chercher de l’information santé, reconnaît le Docteur Gérald Kierzek, directeur médical de Doctissimo. L’objectif, c’est d’être présent, de remonter dans ce qu’on appelle les conversations. Et finalement, le combo gagnant, c’est quoi ? Intelligence artificielle plus expertise ! »

Maladies rares : innovation et communication sur mesure

Autre moment fort — la table ronde « Maladies rares : communiquer pour mieux soigner » : à l’œuvre, des représentants d’associations de patients, des médecins et des laboratoires unissent leurs voix pour plaider en faveur d’une communication adaptée, empathique, humaine. Dans ce contexte, l’information ne se contente plus d’être diffusée, elle doit s’adapter aux réalités : diagnostic tardif, errance médicale, prise en charge complexe, stigmatisation, isolement des patients.

Dans un monde où l’innovation médicale — génomique, thérapies ciblées, e-santé — progresse, la communication devient ainsi un levier décisif pour rendre accessible l’espoir et accompagner le quotidien des malades. L’édition 2025 du festival a souligné que les maladies rares ne peuvent être abordées comme des sujets « grand public » classiques : elles exigent des messages sur-mesure, co-construits avec les patients, sincères et responsables.

Antonin Tabard