Vers une recherche clinique de proximité

Et si l’avenir de la recherche clinique se jouait… à domicile ? Face aux contraintes logistiques qui pèsent sur les patients, la décentralisation des essais cliniques s’impose progressivement comme une innovation majeure en santé.

Et si la recherche clinique se jouait... à domicile ? C'était un des points abordés lors de la 14e Journée de la recherche clinique, le 17 mars dernier.
Et si la recherche clinique se jouait… à domicile ? C’était un des points abordés lors de la 14e Journée de la recherche clinique de l’AFCROs, le 17 mars dernier. (Crédit : ON HEALTH)

En effet, aujourd’hui, l’accès aux essais reste un défi. Selon Magaly Rohé, directrice générale adjointe de Libheros et membre de l’Association française des entreprises de la recherche clinique – AFCROs, « 70 % des patients vivent à plus de deux heures du centre investigateur le plus proche » et un essai peut représenter jusqu’à « 80 heures de déplacements ». Un frein considérable à la participation, notamment pour les patients les plus fragiles.

Une recherche clinique décentralisée ?

Pour répondre à cet enjeu, de nouveaux modèles émergent. La recherche clinique dite « décentralisée » repose sur une combinaison d’outils numériques et d’interventions de proximité : pré-screening à distance, e-consentement, télémédecine, livraison de traitements, ou encore visites à domicile. Le domicile devient ainsi un lieu clé pour collecter des données, réaliser des prélèvements ou assurer le suivi des patients, souvent grâce à des infirmiers libéraux.

Cette transformation est particulièrement stratégique dans des domaines comme l’oncologie ou les maladies rares. Comme le souligne Ariane Galaup Paci, responsable de la recherche clinique au LEEM, « ces essais sont souvent longs et contraignants ». La dématérialisation permet alors de « faciliter la participation » en réduisant les déplacements et en améliorant les conditions de vie des patients.

Une innovation organisationnelle au service des patients

Au-delà du confort, l’enjeu est aussi scientifique : élargir l’accès aux essais, diversifier les profils de participants et accélérer le développement de thérapies innovantes. En rapprochant la recherche des patients, cette approche pourrait bien redessiner en profondeur les standards de la recherche clinique.

Une innovation moins technologique qu’organisationnelle, mais dont l’impact pourrait être déterminant pour une santé plus inclusive.

Antonin Tabard