Dermatologie : Une solution pour réinventer le parcours de soins

Au 1er janvier 2025, la France comptait 2 880 dermatologues en exercice, contre 3 546 en 2015, soit une baisse d’environ 19 % en dix ans. Conséquence de cette désertification, certains départements ne comptent plus aucun dermatologue, à l’image de l’Indre, la Lozère ou la Nièvre, alors même que les maladies de peau, notamment les cancers cutanés et les maladies inflammatoires chroniques, ne cessent d’augmenter.

Pixience s'est associé à Huvy pour intégrer ses briques logiciels d'IA dans ses solutions comme le BodyMapper. dermatologie
Pixience s’est associé à Huvy pour intégrer ses briques logiciels d’IA dans ses solutions comme le BodyMapper. (Crédit : Illustration Pixience)

Face à ce constat alarmant, deux entreprises françaises, Pixience et Huvy, viennent d’officialiser un partenariat pour améliorer la prise en charge des patients. Pixience, fondée à Toulouse en 2012, est spécialisée dans l’imagerie cutanée. Huvy, créée en 2021 à La Rochelle, permet d’analyser des lésions cutanées à risque de mélanome grâce à une intelligence artificielle. « Nous sommes entrés naturellement en contact. Chez Pixience, nous voulions faire évoluer nos outils. Avec Huvy nous avons trouvé énormément de synergie et la même vision de ce que nous voulions apporter sur le marché »,détaille Sébastien Mangeruca, CEO de Pixience.

Huvy x Pixience, un partenariat au service de la dermatologie

Concrètement, ce partenariat permettra d’intégrer l’intelligence artificielle certifiée CE IIb de Huvy aux dispositifs médicaux de Pixience. Parmi eux, le « BodyMapper », un système qui permet de cartographier l’intégralité du corps pour visualiser l’ensemble des lésions cutanées et suivre leur évolution dans le temps, et le vidéodermoscope « C-Cube », un outil permettant d’observer la peau de manière non invasive grâce à des images 2D et 3D de haute précision.

« Jusqu’à présent notre logiciel n’intégrait pas de solutions permettant de filtrer efficacement les dermoscopies. Quand un médecin généraliste utilisait notre outil, il devait solliciter beaucoup de téléexpertise, ce qui pouvait être un frein », explique Sébastien Mangeruca : « Avec Huvy, la qualité de nos images et ce filtre en amont permettent de rendre plus efficaces les échanges entre les non-spécialistes et les spécialistes ».

Grâce à cette solution, les professionnels de santé de proximité pourront détecter plus tôt les anomalies et mieux orienter les patients. Pour les dermatologues, l’outil présente un gain de temps : l’IA n’établit pas le diagnostic mais facilite l’organisation et le tri des clichés.

Objectif ? Palier au manque de dermatologue

Grâce à ce partenariat, les deux entreprises entendent améliorer la prise en charge tout en partageant une vision commune de l’innovation médicale : « Nous sommes deux acteurs français partageant la même exigence de qualité et de rigueur clinique, au service d’une technologie certifiée, utile et pensée pour le terrain », explique Léonie Schröder, CEO et cofondatrice de Huvy. « Notre axe principal, c’est l’éthique :  rendre service plutôt que d’essayer de voir un gain immédiat. Nous avons des histoires communes de cas personnels qui engendrent cette volonté de faire progresser le système », ajoute Sébastien Mangeruca.

Le déploiement de ce système est prévu courant mai, avec un premier ciblage des dermatologues. À ce jour, 400 d’entre eux utilisent déjà les outils Pixience.

Céline Labesque,
Correspondante à Toulouse.