Données de santé en vie réelle : la représentativité, un enjeu clé pour accélérer l’innovation

Les données de santé en vie réelle sont devenues un levier incontournable pour évaluer l’efficacité des innovations thérapeutiques au plus près des pratiques cliniques. Mais ces données sont-elles réellement représentatives de la diversité des patients ? Cette question a animé les échanges du colloque de l’AFCROs consacré aux Données de santé en vie réelle, organisé le 16 juin dernier.

Les données de santé en vie réelle gagneraient finalement en valeur lorsqu'elles sont croisées pour mieux guider l'innovation thérapeutique.
Les données de santé en vie réelle gagneraient finalement en valeur lorsqu’elles sont croisées pour mieux guider l’innovation thérapeutique. (Crédit : ON HEALTH)

Pour Manon Belhassen, CEO d’Epimentis et membre du groupe de travail sur les Données de santé en vie réelle de l’association représentative des entreprises de la recherche clinique, la réponse ne peut être tranchée. « Nous nous sommes interrogés sur le fait de savoir si les données de vie réelle étaient vraiment représentatives de la vraie vie. Finalement, il n’y a pas de vérité universelle. Chacun a sa petite pièce du puzzle : le patient, le clinicien, le méthodologiste. L’objectif est de toujours choisir la meilleure source de données, avec un compromis entre les biais, les limites et le potentiel de ces sources. »

Données de santé : au-delà de la représentativité

Cette complémentarité des approches est également défendue par le Professeur Hervé Ghesquières, hématologue aux Hospices civils de Lyon et responsable de la cohorte prospective REALYSA dédiée aux lymphomes. Pour lui, les essais cliniques, les cohortes prospectives et les grandes bases nationales comme le SNDS apportent chacun un éclairage différent. « Le concept de représentativité n’est probablement pas la notion majeure à partir du moment où l’on connaît les biais de chaque source de données et que ces sources peuvent être croisées pour produire de nouvelles connaissances », souligne-t-il.

Au-delà des considérations méthodologiques, l’enjeu reste avant tout clinique. « Le plus important est l’accessibilité à l’innovation thérapeutique et le fait que l’ensemble des patients sur le territoire puissent avoir accès aux meilleurs traitements », rappelle Hervé Ghesquières. Une ambition qui illustre le rôle stratégique des données en vie réelle : mieux documenter les parcours de soins pour favoriser une innovation en santé plus pertinente, plus équitable et plus proche des besoins des patients.

Antonin Tabard

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