L’essai clinique EVAOLD vient de délivrer ses résultats concernant la prise en charge de l’infarctus du myocarde chez les patients de 80 ans et plus. Il serait possible d’éviter une coronarographie et une revascularisation à de nombreux patients grâce à l’imagerie de stress.

Vers une révolution de la prise en charge de l’infarctus du myocarde ?

Des examens moins invasifs et une prise en charge plus douce pour les patients les plus âgés, c’est ce qu’espèrent les acteurs de l’essai clinique EVAOLD, dont les résultats viennent d’être publiés. Promue par le CHU Grenoble-Alpes, coordonnée par le Pr Gilles Barone-Rochette et fruit du travail des équipes du réseau français de recherche clinique FACT, labellisé F-CRIN, elle a démontré que l’imagerie de stress pourrait réduire le recours à la coronarographie et à la revascularisation, notamment par angioplastie avec pose d’un stent, pour les patients de 80 ans et plus.

EVAOLD s’est ainsi intéressé aux patients victimes d’un infarctus du myocarde dit “ sans sus-décalage du segment ST “, une forme fréquente d’infarctus. L’essai s’est fait auprès de 572 patients de 80 ans et plus, dont 52,6% de femmes.

©F-CRIN – L’essai clinique EVAOLD, porté par le CHU Grenoble-Alpes, a démontré que le recours à la coronarographie pourrait être réduit chez les patients de 80 ans et plus en passant par l’imagerie de stress.

Coronarographie nécessaire pour 31,9% patients contre 99% habituellement

L’imagerie de stress, qui évalue le fonctionnement du cœur quand il est davantage sollicité, a en effet permis à deux patients sur trois de se passer de ces deux examens invasifs, contre la quasi-totalité avec la prise en charge habituelle. De même, les complications liées aux procédures invasives ont pu être réduites, passant de 9,3% des cas à 2,1%.

En revanche, EVAOLD a déterminé si la diminution des coronarographies pouvait survenir sans augmenter le risque de décès, de nouvel infarctus ou d’AVC dans l’année qui suit. Ces événements ont concerné 24,1% des patients avec l’imagerie de stress, contre 20,7% pour la méthode habituelle.

C’est pourquoi “ lorsque la stratégie invasive est cliniquement réalisable, la coronarographie ne doit pas être remplacée par une stratégie d’imagerie de stress utilisée comme filtre, précise le Pr Gilles Barone-Rochette. Ces résultats apportent de nouvelles données pour progresser vers une prise en charge plus individualisée des patients très âgés “

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