Thyroïde : le CHU de Nantes mise sur la chirurgie sans cicatrice

Et si une chirurgie de la thyroïde pouvait être réalisée sans laisser de cicatrice visible sur le cou ? C’est désormais une réalité au CHU de Nantes, où le service de chirurgie digestive et endocrinienne pratique la TOETVA (Transoral Endoscopic Thyroidectomy by Vestibular Approach), une technique mini-invasive encore proposée par moins d’une dizaine de centres en France.

La thyroïdectomie, qui consiste à retirer tout ou partie de la glande thyroïde, concerne notamment certains nodules, cancers et cas d’hyperthyroïdie. Avec environ 20 000 interventions réalisées chaque année en France, elle constitue l’une des opérations les plus fréquentes en chirurgie endocrinienne.

La TOETVA modifie l’approche chirurgicale traditionnelle : au lieu de pratiquer une incision au niveau du cou, les chirurgiens passent par la bouche. Trois micro-orifices sont réalisés à l’intérieur de la lèvre inférieure afin d’accéder à la thyroïde. Cette technique permet ainsi d’éviter toute cicatrice cervicale visible.

Au-delà de l’enjeu esthétique, cette approche s’inscrit dans le développement de la chirurgie mini-invasive, avec pour objectifs une récupération post-opératoire facilitée et une réduction de l’impact psychologique lié à la cicatrice. Les indications concernent actuellement certains nodules thyroïdiens et les hyperthyroïdies.

© CHU de Nantes – Dr Cécile Caillard, Pr Eric Miraillé et Dr Samuel Frey

« Notre objectif premier est de concilier sécurité chirurgicale et confort de vie après l’inter-vention. L’essor des techniques mini-invasives marque une étape majeure : en évitant toute cicatrice cervicale, nous réduisons significativement l’impact psychologique de l’opération tout en offrant une récupération post-opératoire plus aisée pour nos patientes. »

Pr Eric Mirallié, chef du service de chirurgie cancérologique, digestive et endocrinienne (CCDE) du CHU de Nantes

L’innovation fait également l’objet d’une évaluation scientifique. Un Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC) national, initié par le CHU de Lille, comparera la chirurgie trans-orale à la chirurgie conventionnelle selon plusieurs critères, dont la douleur, la durée d’hospitalisation et la qualité de récupération. Le CHU de Nantes participera à cette étude nationale.

Avec la maîtrise de cette technique et son implication dans la recherche clinique, le CHU de Nantes confirme ainsi sa volonté de faire évoluer les pratiques chirurgicales au bénéfice des patients.

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