Psoriasis : vers un premier traitement sur mesure

Et si tous les psoriasis n’étaient pas la même maladie ? C’est la démonstration apportée par une équipe internationale coordonnée par le Professeur Hervé Bachelez, de l’Institut Imagine, de l’hôpital Saint-Louis (AP-HP) et de l’Université Paris Cité. En identifiant une mutation rare du gène ADAR1 chez certains patients, les chercheurs ouvrent une nouvelle étape dans la prise en charge du psoriasis : celle d’un traitement véritablement personnalisé.

Une découverte génétique permet de mieux cibler certains psoriasis résistants et ouvre la voie à une véritable médecine de précision.
Une découverte génétique permet de mieux cibler certains psoriasis résistants et ouvre la voie à une véritable médecine de précision. (Image générée par IA)

Le psoriasis touche plusieurs millions de personnes en France. Si les biothérapies ont considérablement amélioré le quotidien de nombreux patients, certains restent en échec malgré plusieurs lignes de traitement. Les travaux publiés dans le Journal of Experimental Medicine apportent une explication à ces situations : chez une partie des malades, l’inflammation repose sur un mécanisme génétique différent, qui n’était jusqu’ici pas ciblé par les traitements conventionnels.

Le psoriasis entre dans l’ère de la médecine de précision

Les chercheurs ont montré que la mutation d’ADAR1 entraîne une production excessive d’interférons, déclenchant une inflammation chronique. Autre découverte majeure : les cellules de la peau elles-mêmes, notamment les kératinocytes mais aussi les mélanocytes, participent activement à cette réaction inflammatoire. Une observation qui permet également d’expliquer les troubles de la pigmentation fréquemment observés chez ces patients.

Cette avancée a déjà des retombées concrètes. Douze patients porteurs de cette mutation, jusque-là réfractaires aux traitements, ont reçu des médicaments ciblant cette voie inflammatoire spécifique. Résultat : des rémissions cliniques complètes ont été obtenues chez des patients qui n’avaient jamais répondu durablement aux traitements précédents.

Quand la génétique transforme le traitement du psoriasis

Pour le Pr Hervé Bachelez, cette découverte illustre « l’intérêt, pour les malades atteints de maladies fréquentes, d’un institut consacré aux maladies génétiques rares comme fréquentes ». Elle « ouvre la perspective de la mise en place d’une médecine de précision dans les maladies inflammatoires chroniques ».

Au-delà du psoriasis, cette recherche illustre une tendance de fond en innovation santé : utiliser les connaissances issues des maladies rares pour mieux comprendre les maladies fréquentes et proposer des traitements ciblés, adaptés au profil biologique de chaque patient.

Antonin Tabard

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