Des ultrasons pour traiter l’endométriose

Développée à Lyon, la technique qui utilise les ondes HIFU pour traiter l’endométriose avec atteinte digestive, vient d’être expérimentée au CHU de Toulouse. Une intervention rapide, sans incision et moins invasive qu’une opération.


C’est un nouvel espoir pour les femmes souffrant d’endométriose. Au CHU de Toulouse, une technique permet désormais de traiter, sans chirurgie, les lésions de l’endométriose quand elles sont situées à l’arrière de l’utérus, avec atteinte digestive. Cette maladie chronique se caractérise par la présence de tissus semblables à l’endomètre, en dehors de l’utérus. Dans 1 cas sur 5, cette atteinte se situe vers le rectum et peut entrainer des troubles digestifs ou des douleurs lors de rapports sexuels.

© CHU de Toulouse

« Le traitement nécessite une intervention chirurgicale plus ou moins lourde, pour retirer les lésions, avec un arrêt de travail conséquent », explique Elodie Chantalat, chirurgienne gynécologue.

Développée par le professeur Gilles Dubernard aux Hospices civils de Lyon, la procédure via les ondes HIFU (ultrasons focalisés de haute intensité), se réalise au bloc opératoire sous anesthésie générale.

« C’est une technique de destruction de la lésion par les ultrasons focalisés et par la chaleur, avec une sonde que l’on introduit dans le rectum » détaille Elodie Chantalat : « Les ultrasons vont traverser la paroi rectale avant de se focaliser et brûler la lésion ». Temps d’intervention : environ 30 minutes. 

Les ondes HIFU contre l’endométriose


Pour bénéficier de cette technique, les patientes doivent être sélectionnées selon des critères précis, notamment la localisation anatomique de la lésion.

« Nous pouvons traiter une lésion du torus, c’est-à-dire, en arrière de l’utérus, avec atteinte digestive et à une distance de la marge anale qui doit être respectée. On ne peut pas traiter les lésions des ovaires ou celles qui se situent ailleurs », précise la gynécologue qui a déjà opéré cinq patientes avec succès. 

© CHU de Toulouse

A Toulouse, l’intervention doit être validée en réunion de concertation pluridisciplinaire et est réalisée conjointement avec la radiologue Marie-Charlotte Delchier.


Dans le parcours de soin, cette innovation se veut un atout supplémentaire dans la prise en charge globale de l’endométriose, en complément des traitements existants.

« L’HIFU ne peut pas traiter un kyste de l’ovaire, par exemple. Or une patiente atteinte d’endométriose peut présenter d’autres lésions situées à différents endroits. A l’avenir, on pourra traiter certaines lésions par ultrasons et associer une procédure chirurgicale pour traiter les autres, si elles sont symptomatiques », espère la gynécologue.

Une solution contre l’errance thérapeutique


Une avancée prometteuse pour une maladie touchant deux millions de françaises mais qui a fait son entrée dans le programme des étudiants en médecine seulement en 2020. 

« C’est la seule maladie sur laquelle on a autant de retard et pourtant qui concerne les femmes depuis la nuit des temps, avec des symptômes qui sont présents tous les mois »,rappelle Elodie Chantalat.

Pour la gynécologue, également présidente de l’association EndOccitanie, ce retard est bien réel mais les lignes commencent à bouger :

« Les pouvoirs publics s’en sont emparés. Ils se sont rendus compte qu’effectivement, c’était urgent de traiter cette maladie ».

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