Bientôt un tout premier stérilet masculin avec Steom

Porté par le laboratoire Inserm CIC IT et le CHU de Lille, Steom veut répondre à la demande croissante d’une contraception masculine en France. Son action réversible s’appuie sur la technique de la vasectomie.

Tout est parti d’un constat simple : de plus en plus d’hommes sont prêts à porter une charge contraceptive dans leur couple, mais aucune solution ne leur est présentée. Une récente étude financée par la Male contraceptive initiative en Europe avance même que plus de la moitié des sondés européens commenceraient à utiliser un nouveau contraceptif masculin dans l’année suivant son approbation. En France, le recours à la vasectomie – seule solution contraceptive mais difficilement réversible – a même été multiplié par 27 entre 2010 et 2025, selon les dernières données d’Epi Phare.

C’est pour cette raison que le projet Steom, porté par le laboratoire Inserm CIC IT et le CHU de Lille, souhaite commercialiser le tout premier stérilet masculin.

 

« On va poser un dispositif sur le canal déférent qui transporte les spermatozoïdes jusqu’aux canaux éjaculateurs. Il permettra de dévier leur trajectoire, ce qui rendra le sperme infertile du fait de leur absence. Le corps les éliminera naturellement », décrit Dominique Prasivoravong, PDG de la start-up. 

Les membres de l’équipe Dominique Prasivoravong, Jessica Schiro, Justine Mauro et Julie Prasivoravong. Photo : Steom.

Le cousin de la vasectomie

Le procédé s’appuie peu ou prou sur la technique de la vasectomie, une chirurgie « mini invasive » qui ne bloque pas le canal déférent mais le sectionne. De fait, l’acte sera simple et ne nécessitera « pas de pansement ni point de suture », assure le patron de Steom. L’objectif étant également de ne pas provoquer d’effets secondaires, notamment sur la sexualité, et d’être réversible.

L’idée d’un stérilet masculin a d’abord germé il y a quatre ans dans l’esprit de la sœur du PDG, l’andrologue Julie Prasivoravong, confrontée au nombre croissant de demandes de vasectomies. Aujourd’hui, les essais pré-cliniques viennent de débuter, et les premiers tests sur les humains devraient commencer en 2028 – 2029, espèrent les porteurs du projet. Hébergé au sein de l’incubateur santé de la région Hauts-de-France Eurasanté, Steom a notamment remporté le Prix de l’Innovation du Pôle universitaire d’innovation (PUI) de Lille en 2024 et le concours I Lab porté par BPI France.

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