Alzheimer : et si la clé se cachait dans notre sommeil ?

La nuit, pendant que nous dormons, notre cerveau ne se repose pas vraiment. Au contraire : il s’active pour nettoyer, réparer et réorganiser ses circuits. Ce travail silencieux pourrait jouer un rôle déterminant dans la prévention de la maladie d’Alzheimer. C’est ce que cherche à comprendre la neuroscientifique Gwenaëlle Catheline, dont le projet est soutenu à hauteur de 121 000 euros par la Fondation Vaincre Alzheimer.

Pendant que nous dormons, notre cerveau se nettoie : un mécanisme clé que les chercheurs explorent pour mieux prévenir Alzheimer.
Pendant que nous dormons, notre cerveau se nettoie : un mécanisme clé que les chercheurs explorent pour mieux prévenir Alzheimer. (Crédit : Illustration Freepik/jcomp)

Depuis plusieurs années, les chercheurs soupçonnent en effet un lien étroit entre la qualité du sommeil et la santé du cerveau. Pendant la nuit, un mécanisme biologique permet d’éliminer certaines protéines et déchets qui s’accumulent dans les tissus cérébraux. Lorsque ce processus fonctionne moins bien, ces substances pourraient favoriser les mécanismes impliqués dans la maladie d’Alzheimer.

Dormir pour nettoyer son cerveau et prévenir Alzheimer ?

Comment les rythmes veille-sommeil influencent-ils ce système de nettoyage cérébral et, à plus long terme, le vieillissement du cerveau ? Pour y répondre, le Professeur Gwenaëlle Catheline et son équipe vont suivre plusieurs centaines de volontaires d’âge moyen. Pendant deux semaines, les participants porteront des capteurs permettant d’enregistrer leurs rythmes d’activité et de sommeil dans la vie quotidienne. Ces données seront ensuite croisées avec des examens d’imagerie cérébrale de haute précision, capables d’observer les structures impliquées dans la circulation et l’élimination des déchets du cerveau.

L’objectif est ambitieux : identifier des signaux très précoces du vieillissement cérébral, bien avant l’apparition des premiers troubles de la mémoire. Si un lien clair entre sommeil perturbé et altérations cérébrales est établi, cela ouvrirait la voie à de nouvelles stratégies de prévention. Car le sommeil présente un avantage majeur : il s’agit d’un facteur modifiable. Améliorer la qualité de ses nuits pourrait devenir, à terme, une piste concrète pour protéger la mémoire.

Antonin Tabard