Cardiologie : le CHU de Poitiers implante un pacemaker révolutionnaire

Le CHU de Poitiers vient de franchir une étape majeure en cardiologie. Pour la première fois, une équipe médicale y a implanté un pacemaker sans sonde directement dans l’oreillette de deux patients. L’intervention, réalisée début septembre par le Professeur Rodrigue Garcia, accompagné des docteurs Bruno Degand et François Le Gal, marque une avancée significative dans la prise en charge des troubles du rythme cardiaque.

Pour la première fois, une équipe du CHU de Poitiers menée par le Professeur Rodrigue Garcia a implanté un pacemaker sans sonde directement dans l’oreillette de deux patients.
Pour la première fois, une équipe du CHU de Poitiers menée par le Professeur Rodrigue Garcia a implanté un pacemaker sans sonde directement dans l’oreillette de deux patients. (Crédit : CHU de Poitiers)

« Cette innovation s’adresse en priorité aux patients ayant déjà présenté des problèmes d’infection ou de fracture de sonde, mais elle pourrait s’étendre à un public plus large dans les années à venir », précise le Professeur Rodrigue Garcia. En effet, contrairement aux dispositifs classiques, qui nécessitent la pose d’un boîtier et de sondes, ce nouveau pacemaker développé par Abbott prend la forme d’une capsule de seulement 3,5 centimètres de long pour cinq millimètres de diamètre, et ne pèse que 2,4 grammes. Implantée directement dans l’oreillette, cette innovation complète une technologie déjà utilisée depuis quelques années pour le ventricule.

Un pacemaker plus adapté aux besoins des patients

L’absence de sondes et de boîtier réduit fortement les risques d’infection ou de fracture du matériel, complications fréquentes avec les pacemakers traditionnels. L’intervention, réalisée par voie mini-invasive via la veine fémorale, permet également une récupération rapide : « Le lendemain de l’intervention, le patient peut rentrer chez lui et reprendre une vie normale », souligne le cardiologue spécialiste de la rythmologie.

Miniaturisé, le dispositif médical actif peut-être implanté directeur dans le ventricule ou dans l'oreillette.
Miniaturisé, le dispositif médical actif développé par Abbott peut-être implanté directeur dans le ventricule ou dans l’oreillette. (Crédit : CHU de Poitiers)

Si la capsule a une autonomie estimée entre cinq et sept ans, contre environ dix ans pour les modèles classiques, elle peut être remplacée aisément une fois sa batterie épuisée. Destinée en priorité aux patients ayant déjà présenté des complications avec des sondes, cette innovation pourrait à terme bénéficier à un public plus large. Avec cette première, le CHU de Poitiers confirme sa position de pionnier dans l’innovation médicale, en proposant des solutions toujours plus sûres, efficaces et adaptées aux besoins des patients.

Antonin Tabard