Cytométrie : le congrès de Dijon révèle la prochaine révolution du diagnostic

Le dernier congrès de l’Association française de cytométrie – AFC, qui s’est tenu à Dijon du 26 au 28 novembre 2025, a confirmé la place centrale de la cytométrie dans l’innovation santé. Réunissant chercheurs, cliniciens, ingénieurs et industriels, le rendez-vous a mis en lumière des avancées techniques et organisationnelles visant à rapprocher la recherche fondamentale des besoins cliniques.

Le dernier congrès de l’Association française de cytométrie a confirmé la place centrale de la cytométrie dans l’innovation santé.
Le dernier congrès de l’Association française de cytométrie a confirmé la place centrale de la cytométrie dans l’innovation santé. (Crédit : ON HEALTH)

Au cœur des débats : l’élévation du nombre de paramètres mesurables et l’arrivée à maturité de la cytométrie spectrale et de l’imagerie cytométrique. Ces techniques permettent d’embrasser simultanément phénotypes cellulaires complexes et signatures morphologiques, ouvrant la voie à des diagnostics plus fins et à un suivi plus précis des thérapies cellulaires. Les ateliers pratiques et sessions dédiées ont montré comment ces plateformes se combinent aujourd’hui à des workflows single-cell et multi-omiques pour dégager des biomarqueurs pertinents en oncologie et en immunologie.

L’IA parmi les prochaines évolutions de la cytométrie

L’intelligence artificielle et l’automatisation ont occupé une place importante : outils d’apprentissage supervisé pour le « gating » automatisé, pipelines reproductibles pour l’analyse de très grands jeux de données et solutions cloud pour le partage sécurisé des données. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de valider ces algorithmes et d’établir des standards pour garantir leur usage clinique.

« La cytométrie, c’est vraiment une des technologies qui évolue extrêmement rapidement… On est passé d’à peu près une couleur et un laser dans les années 1980 à, aujourd’hui, des machines qui ont plus de sept lasers et où on peut analyser plus de 50 paramètres sur une seule et même cellule », rappelle Cyrille Mionnet, président de l’Association française de cytométrie. Pour Jean-François Mayol, directeur de la plateforme de cytométrie en flux à l’université de Lausanne, « il ne faut pas perdre de vue l’intérêt pour la recherche et pour le patient. Le but est d’aller beaucoup plus finement dans l’identification de certaines populations cellulaires, pour mieux comprendre certains phénomènes de la biologie cellulaire, mais aussi mieux caractériser la maladie d’un patient. »

Antonin Tabard