Épione réinvente le parcours des patients face au cancer

En cancérologie, l’innovation est souvent associée aux avancées thérapeutiques ou technologiques. Mais sur le terrain, elle se joue aussi dans la manière d’accompagner les patients au quotidien, entre deux consultations, pendant et après les traitements. C’est précisément dans ces zones grises du parcours de soins qu’intervient Épione Santé Intégrative, une association créée en 2024 en Bourgogne, avec une ambition claire : améliorer concrètement la qualité de vie des patients atteints de cancer, là où les dispositifs existants montrent leurs limites.

Épione Santé Intégrative est une association qui vise à proposer des actions de prévention mais aussi de mécénat de soins de support, pour une meilleure lutte contre le cancer.
Épione Santé Intégrative est une association qui vise à proposer des actions de prévention mais aussi de mécénat de soins de support, pour une meilleure lutte contre le cancer. (Crédit : Épione Santé Intégrative)

Fondée par des membres de l’Institut de Cancérologie de Bourgogne, Épione se distingue d’emblée par son portage médical fort. Mais elle ne se limite pas à une approche strictement soignante. Autour du noyau médical gravite une gouvernance plurielle mêlant patients, pharmacien, expert-comptable, avocat, direction d’établissement de santé, ou encore coach sportif. Une diversité affirmée, pensée comme une richesse pour porter un regard élargi sur les parcours de soins et leurs angles morts.

Combler les « trous dans la raquette »

Loin de se concentrer sur un champ précis, Épione revendique un positionnement complémentaire : venir « boucher les trous dans la raquette » du système de santé. Soutien à des approches innovantes, développement des soins de support, accompagnement de l’après-cancer ou du retour à l’emploi… autant de besoins identifiés au plus près du terrain.

Avec l'arrivée de la photobiomodulation, l'Institut de Cancérologie de Bourgogne étoffe son offre de soins de support.
Le financement d’appareils de photobiomodulation est un des nombreux exemples d’actions menées par Épione. (Crédit : Archives ON HEALTH)

Concrètement, l’association finance et déploie des thérapeutiques non médicamenteuses destinées à améliorer la qualité de vie des patients : séances de shiatsu à Dijon, activité physique adaptée à Auxerre, projet de musicothérapie à Dijon, Chalon-sur-Saône et Auxerre, en partenariat avec l’Orchestre Dijon Bourgogne. Elle soutient également l’acquisition d’appareils de photobiomodulation pour réduire les toxicités des traitements, ou encore de casques de réalité virtuelle aujourd’hui utilisés à Talant, à la clinique de Chalon-sur-Saône et à l’hôpital d’Auxerre.

Une plateforme de projets, ancrée dans le territoire

L’une des spécificités d’Épione réside dans son fonctionnement : l’association est conçue comme une plateforme de projets, où chaque initiative est fléchée, financée et déployée localement. Public et privé, ville et hôpital, secteur libéral et hospitalier : tous les acteurs du territoire peuvent être concernés. Chaque projet doit trouver son financement, via des dons éligibles à un abattement fiscal, ou du mécénat.

Cette logique permet aussi de soutenir des projets structurants, comme la création prochaine d’un parcours de e-ETP en cancérologie, notamment pour le cancer du sein, ou encore le financement d’un Institut du sein à Dijon, appelé à voir le jour dans les prochains mois.

Prévention, sensibilisation et santé publique

Au-delà du soin, Épione investit le champ de la prévention et du dépistage. Campagnes de sensibilisation avec distribution de totebags, organisation de pièces de théâtre en novembre autour de la santé masculine, interventions de médecins directement en entreprise, actions en milieu scolaire sur la vaccination HPV, accueil d’étudiants en immersion : l’association multiplie les formats pour toucher des publics variés, souvent éloignés des messages de santé.

Membre de la Société Française d’Oncologie Intégrative, Épione porte enfin un nom chargé de sens : dans la mythologie grecque, Épione est la déesse qui apaise et soulage, épouse d’Asclépios, dieu de la médecine. Une référence symbolique pour une structure qui, à l’occasion notamment de la Journée mondiale de lutte contre le cancer le 4 février, rappelle que l’innovation santé ne se mesure pas seulement en progrès techniques, mais aussi en attention portée aux parcours, aux usages et à la vie des patients.

Cet article a été rédigé en partenariat avec l’Institut de Cancérologie de Bourgogne.