Un hôpital de jour dédié aux victimes de burn-out

Au CHU de Toulouse, le Centre de prévention de l’épuisement des professionnels de santé (PEPS) évolue pour accueillir tous les professionnels en situation d’épuisement. Objectif : diminuer les arrêts de travail et éviter les rechutes.

Au CHU de Toulouse, le Centre de Prévention de l'épuisement des professionnels de santé a ouvert ses portes aux autres secteurs pour lutter contre le burn-out.
Au CHU de Toulouse, le Centre de Prévention de l’épuisement des professionnels de santé a ouvert ses portes aux autres secteurs pour lutter contre le burn-out. (Crédit : CHU de Toulouse)

« Professionnels de santé, et autres secteurs. » Depuis septembre 2025, le Centre PEPS, créé en 2023 au sein du CHU toulousain, intègre un hôpital de jour ouvert à tous les professionnels. Une évolution nécessaire et naturelle face à l’afflux de patients : entre mai 2023 et septembre 2025, 500 soignants ont été pris en charge par le centre. En créant un hôpital de jour, la structure doit permettre une prise en charge plus rapide et plus intensive de tous les salariés, quels que soient leurs secteurs d’activité. Le dispositif repose sur une hospitalisation partielle de trois jours par semaine pendant trois semaines. Six nouveaux patients sont ainsi accueillis toutes les trois semaines. Un nombre porté à huit, à partir de fin janvier 2026. Les patients, aux profils variés, sont adressés en majorité par les médecins du travail mais aussi les médecins traitants et les psychiatres.

Objectif ? Réduire les arrêts de travail pour burn-out

« La durée moyenne de l’arrêt de travail est d’un an. Notre volonté est de pouvoir permettre aux gens une reprise de l’activité professionnelle plus rapide. Toute la littérature est très claire là-dessus : quelle que soit la pathologie, un arrêt de travail de plus de six mois est un frein au retour au travail », motive le Professeur Fabrice Hérin, chef de service des pathologies professionnelles et environnementales au CHU de Toulouse.

Le CHU de Toulouse organise aussi des ateliers de gestion du stress à destination des professionnels de santé.
Le CHU de Toulouse organise aussi des ateliers de gestion du stress à destination des professionnels de santé. (Crédit : CHU de Toulouse)

Le programme prévoit une prise en charge pluridisciplinaires avec des consultations médicales et psychologiques mais aussi des ateliers. « Nous sommes en partenariat avec les services d’addictologie, de psychiatrie et du sommeil en neurologie du CHU, pour pouvoir offrir une offre complète », explique le Professeur Fabrice Hérin.

Un suivi sur le long terme

À l’issue des trois semaines d’hospitalisation, le Centre continue le suivi des patients entre 12 et 24 mois, avec pour objectif principal d’éviter les rechutes. Un enjeu majeur pour le Professeur Fabrice Hérin : « entre 25 et 40 % des patients présentent une rechute entre un et cinq ans après l’épuisement professionnel. » Un chiffre élevé qui s’explique notamment par un dépistage encore trop tardif du burn-out : « Ce qui nous inquiète c’est de voir arriver des patients dans des état très sévères. Ils sont dans une incapacité de pouvoir envisager des choses ou de faire des activités de la vie quotidienne. Toutes les capacités physiques et psychologique ont disparues », alerte le spécialiste.

Enjeu de santé public majeur et en constante progression, le burn-out reste pourtant encore insuffisamment identifié et anticipé. « On manque de prévention primaire, selon le Professeur Fabrice Hérin. Sur le plan pédagogique, il faut sensibiliser les professionnels : dire que ça existe, expliquer que personne n’est à l’abri, et exposer les moyens de s’en prémunir. »

En France, selon Santé Publique France, la souffrance psychique liée au travail concerne 5,9 % des femmes et 2,7 % des hommes en 2019, soit le double par rapport à 2007.

Céline Labesque
Correspondante à Toulouse