i-NanoT : la Bourgogne-Franche-Comté à l’avant-garde de la nanomédecine

Et si les traitements de demain étaient à la fois plus précis, plus efficaces et mieux tolérés ? C’est la promesse portée par la nanomédecine, un champ de recherche en plein essor au croisement de la physique, de la chimie, de la biologie et de la clinique. Au cœur de cette révolution, le projet i-NanoT ambitionne de faire de la Bourgogne-Franche-Comté un territoire de référence en matière d’innovation santé.

En Bourgogne-Franche-Comté, 13 acteurs se sont engagés dans un partenariat public-privé pour développer de nouveaux process de nanomédecine. Nom de code ? i-NanoT.
En Bourgogne-Franche-Comté, 13 acteurs se sont engagés dans un partenariat public-privé pour développer de nouveaux process de nanomédecine. Nom de code ? i-NanoT. (Crédit : ON HEALTH)

Lancé avec un budget de 18,4 millions d’euros, dont 15,6 millions financés par l’Union européenne via le FEDER, i-NanoT se concentre sur le développement de nanovecteurs théranostiques. Ces nanoparticules de nouvelle génération sont capables de transporter un médicament directement vers les cellules malades, tout en permettant leur visualisation grâce à l’imagerie médicale. Une double fonction — thérapeutique et diagnostique — qui ouvre la voie à une médecine plus personnalisée, notamment dans la prise en charge des cancers, des infections et des maladies inflammatoires.

Treize partenaires autour du projet i-NanoT

Mais l’innovation ne se limite pas à la prouesse scientifique. L’un des défis majeurs de la nanomédecine reste le passage du laboratoire à l’industrialisation. C’est précisément là que i-NanoT se distingue, en intégrant dès l’amont les enjeux de reproductibilité, de caractérisation et de production à grande échelle. Une ligne pilote permettra de fabriquer des lots pré-industriels, condition indispensable pour accélérer le transfert vers la clinique.

« La nanomédecine ouvre deux perspectives majeures, souligne Alexandre Bouhelier, directeur de recherche au CNRS et coordinateur du projet i-NanoT au sein du Laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne. Un diagnostic plus précoce, potentiellement avant l’apparition Del a lésion à l’imagerie médicale, et une thérapie plus précise, en délivrant le médicament exactement là où il doit agir et uniquement là. »

Porté par un consortium inédit réunissant six laboratoires de recherche, trois partenaires industriels et deux établissements de santé, le projet incarne une approche intégrée de l’innovation en santé. À la clé : près de 100 emplois qualifiés, de nouvelles formations et, surtout, des traitements plus ciblés et mieux tolérés pour les patients.

À l’horizon 2030, i-NanoT ambitionne de contribuer à structurer une filière européenne de la nanomédecine, positionnant la région comme un acteur clé d’un marché mondial estimé à près de 500 milliards de dollars. Une innovation de rupture, au service de la santé de demain.

Antonin Tabard