Cancers de la cavité buccale : Le CHU de Nantes innove au service des patients

Chaque année en France, près de 5 000 nouveaux cas de cancers de la cavité buccale sont diagnostiqués. Des pathologies lourdes, souvent délabrantes, qui affectent profondément la mastication, la parole, la déglutition et la vie des patients. Face à ces lourdes pathologies, les équipes du CHU de Nantes ont développé une approche globale et innovante, alliant chirurgie de pointe, reconstruction microchirurgicale et réhabilitation fonctionnelle et esthétique complète.

Une prise en charge pluridisciplinaire rare en France

Le service de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie du CHU de Nantes se distingue par une organisation intégrée, mobilisant l’ensemble des compétences nécessaires tout au long du parcours de soin : dépistage, diagnostic, traitement oncologique, chirurgie, reconstruction et réhabilitation.

« Pour prendre en charge les cancers du visage et des mâchoires, nous avons fait le choix d’une approche globale qui dépasse la seule dimension chirurgicale. L’objectif est de restaurer non seulement la santé, mais aussi la fonction, l’esthétique et la qualité de vie des patients », explique le Docteur Julie Longis, cheffe du service de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie du CHU de Nantes.

Cette organisation repose notamment sur des réunions de concertation pluridisciplinaire, une expertise poussée en anatomopathologie et une articulation étroite avec les services d’oncologie du CHU et l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO).

Chirurgie de pointe et reconstruction sur mesure

Lorsque l’ablation tumorale est possible, elle constitue le pivot du traitement. Elle est suivie de techniques de reconstruction microchirurgicale avancées, parfois préparées grâce à des modélisations 3D. Ces technologies permettent d’anticiper les gestes chirurgicaux et d’optimiser la restauration anatomique, tout en s’intégrant à des protocoles associant radiothérapie ou chimiothérapie.

Le CHU de Nantes innove dans la prise en charge des patients atteints de cancers de la cavité buccale.
Le CHU de Nantes innove dans la prise en charge des patients atteints de cancers de la cavité buccale. (Crédit : CHU de Nantes)

Au-delà de l’acte opératoire, les patients bénéficient d’un accompagnement renforcé, incluant infirmiers référents, psychologues et un suivi post-réhabilitation destiné à prévenir les récidives et assurer la maintenance des prothèses. « J’ai été accompagnée du début à la fin de mon parcours de soin par le Docteur Longis et ses équipes », témoigne Murielle, patiente du service de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie au CHU de Nantes.

Réhabiliter pour retrouver une vie sociale

Une fois la guérison obtenue, la priorité devient la “réhabilitation sociale”. Celle-ci repose sur une combinaison de solutions innovantes, parmi lesquelles des prothèses maxillo-faciales et dentaires conçues en lien avec le service d’odontologie et des épithèses faciales biocompatibles pour restaurer nez, oreilles ou orbites, mais aussi des séances d’orthophonie pour rééduquer la parole et la déglutition, ou encore des séances de dermopigmentation pour améliorer l’acceptabilité esthétique après chirurgie.

Cette coordination fine entre chirurgiens, prothésistes, dentistes et rééducateurs permet, dans certains cas, une réhabilitation immédiate, élément clé du retour à l’autonomie des patients.

Recherche et innovation au cœur du modèle nantais

L’approche nantaise s’appuie également sur une recherche active. Les équipes collaborent avec plusieurs laboratoires académiques pour mieux comprendre les cancers rares et développer de nouvelles solutions thérapeutiques : étude du micro-environnement tumoral, conception de ciments phosphocalciques imprimés en 3D pour la réparation osseuse, ou encore modélisation numérique des tumeurs.

« Soutenues par la recherche, nos pratiques évoluent en permanence pour proposer des solutions toujours plus adaptées et innovantes », souligne le Docteur Julie Longis.

À Nantes, l’innovation s’incarne dans un parcours de soin cohérent, pensé pour accompagner les patients bien au-delà de la guérison.

Théo Sainte-Marie,
Correspondant à Nantes.