Menaces biologiques : La France découvre le premier antidote contre la ricine

La France franchit une étape majeure en innovation santé et biosécurité avec l’autorisation de mise sur le marché de Ricimed, premier antidote contre l’intoxication à la ricine, l’une des substances naturelles les plus toxiques au monde. Ce traitement novateur, développé par la société biopharmaceutique lyonnaise Fabentech, répond à un besoin médical jusqu’ici non satisfait : neutraliser une toxine sans traitement spécifique disponible.

La biotech lyonnaise Fabentech vient de développer le tout premier antidote contre la ricine.
La biotech lyonnaise Fabentech vient de développer le tout premier antidote contre la ricine. (Crédit : Fabentech / FXDriant)

La ricine, extraite des graines de ricin, peut entraîner la mort en quelques heures ou quelques jours, quel que soit le mode d’exposition. Cette dangerosité explique pourquoi elle est classée parmi les menaces biologiques prioritaires, tant civiles que potentielles en cas d’actes intentionnels. « Ricimed constitue une nouvelle modalité de prise en charge de l’intoxication aiguë à la ricine », indique Fabentech, faisant valoir la capacité du traitement basé sur des anticorps polyclonaux à cibler et neutraliser la toxine avant que des dommages irréversibles ne surviennent.

Fabentech sort le premier antidote au monde contre la ricine

Du côté des autorités sanitaires, cette avancée illustre aussi l’importance de l’innovation collaborative entre acteurs publics et privés. Le ministère de la Santé, qui a officialisé la mise sur le marché, souligne l’enjeu de renforcer la préparation sanitaire nationale face aux risques émergents. « Assurer la protection des citoyens face aux risques biologiques majeurs est une priorité de santé publique », affirme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées. Au ministère des Armées, on se félicite du succès de Fabentech. « Il illustre la capacité des armées à soutenir l’innovation et à faire émerger des partenariats entre le tissu militaire local et les entreprises de proximité qui maillent notre territoire. Développer et produire de tels médicaments alors qu’ils n’existent pas sur le marché, c’est aussi servir la Nation et l’intérêt général », réagit Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants.

Pour Fabentech, basée à Lyon et spécialisée dans les contre-mesures médicales face aux menaces biologiques, cette autorisation de mise sur le marché représente un tournant stratégique. Selon l’entreprise, plus de 20 millions d’euros de contrats pluriannuels ont déjà été conclus avec plusieurs pays européens, signe d’un intérêt significatif pour une solution innovante en matière de biosécurité. « Ricimed contribue au déploiement d’un bouclier sanitaire européen », commente Sébastien Iva, CEO de Fabentech.