L’Institut Curie accélère l’innovation pour mieux soigner les cancers masculins

À l’occasion de Movember, le mois mondial de sensibilisation aux cancers masculins, l’Institut Curie met en lumière une série d’avancées majeures qui redessinent la prise en charge des cancers de la prostate, des testicules et du pénis. Avec plus de 63 000 nouveaux cas par an en France, l’urgence à mieux dépister et mieux traiter reste forte.

À l’occasion de Movember, l’Institut Curie met en lumière une série d’avancées majeures dans la prise en charge des cancers masculins.
À l’occasion de Movember, l’Institut Curie met en lumière une série d’avancées majeures dans la prise en charge des cancers masculins. (Crédit : Image générée par IA)

Depuis trois ans, l’Institut Curie a opéré un virage stratégique : la pathologie y est désormais 100 % numérique. Une révolution silencieuse qui permet aux médecins de s’appuyer sur l’intelligence artificielle pour affiner le diagnostic. « L’implémentation de ces outils nous fait gagner un temps précieux et renforce l’exactitude de nos diagnostics, sans pour autant remplacer les médecins », souligne le Professeur Yves Allory, chef du service de pathologie. Autre promesse forte : un test urinaire non invasif dédié au diagnostic précoce du cancer de la prostate. Actuellement évalué dans une étude clinique, il pourrait constituer une alternative simple et rapide aux biopsies systématiques.

Cancers masculins : bientôt des biopsies virtuelles ?

L’innovation se joue aussi du côté de l’imagerie. Un ambitieux programme de recherche vise à créer une biopsie virtuelle de la prostate grâce à l’IRM. Aujourd’hui, les patients subissent souvent une dizaine de prélèvements pour maximiser les chances de détecter la zone atteinte. Demain, une identification précise via l’imagerie pourrait réduire ce geste invasif. « Nous cherchons à caractériser la tumeur à partir de données IRM, avec l’espoir, à long terme, d’éviter la biopsie physique », explique le Docteur Irène Buvat, directrice du Laboratoire d’imagerie translationnelle en oncologie.

L’Institut Curie innove également dans les traitements. Radiothérapie stéréotaxique en cinq séances, radiothérapie interne vectorisée pour les formes métastatiques, thérapies ciblées pour les cancers liés aux mutations BRCA : les options s’élargissent. « Plus de la moitié des patients bénéficient désormais de protocoles plus courts et mieux tolérés », indique le Professeur Gilles Créhange, chef du département de radiothérapie. Alors que de nouvelles collaborations avec l’Hôpital Foch et l’Institut Mutualiste Montsouris se profilent, l’Institut Curie confirme que l’avenir de la santé masculine passera par une médecine plus précise, plus intégrée et moins invasive.

Antonin Tabard