UroMems : l’implant intelligent qui veut révolutionner le traitement de l’incontinence

Dans le paysage de l’innovation santé, certaines ruptures technologiques dessinent de véritables tournants cliniques. UroMems en fait indéniablement partie. Issue des laboratoires grenoblois TIMA et TIMC, la start-up développe le premier implant actif et personnalisable destiné au traitement de l’incontinence urinaire d’effort — une pathologie qui touche des millions de patients dans le monde et dont les solutions actuelles restent limitées.

Développé par UroMems, le système UroActive est le premier sphincter urinaire artificiel automatisé intelligent pour le traitement de l'incontinence urinaire de stress.
Développé par UroMems, le système UroActive est le premier sphincter urinaire artificiel automatisé intelligent pour le traitement de l’incontinence urinaire de stress. (Crédit : UroMems)

L’innovation d’UroMems repose sur un principe audacieux : reproduire la fonction d’un muscle à l’aide d’un système myoélectromécanique. Fruit de travaux initiés lors de la thèse de son fondateur, Hamid Lamraoui, l’implant agit comme un muscle artificiel intelligent, capable d’ajuster sa tension en temps réel en fonction de la physiologie et des mouvements du patient. Contrairement aux dispositifs passifs existants, souvent difficiles à régler et peu adaptables, cette technologie ouvre la voie à une prise en charge dynamique et personnalisée.

« Nous avons réalisé une première preuve de concept dans ces laboratoires, alors que je faisais ma thèse de doctorat à Grenoble », raconte Hamid Lamraoui, qui a depuis fondé la start-up UroMems.

L’intégration d’électronique de pointe, inspirée des standards de fiabilité des pacemakers, permet un pilotage simple via télécommande et une autonomie renforcée. Mais l’innovation va plus loin : l’implant collecte automatiquement des données d’usage, destinées à optimiser la prise en charge grâce à l’intelligence artificielle. Cette capacité à créer un cycle d’amélioration continue du traitement constitue un avantage unique au niveau mondial : « Nous sommes les seuls à pouvoir exploiter ces données issues de l’implant, ce qui ouvrira la voie à une personnalisation accrue des traitements », souligne Hamid Lamraoui, président et fondateur d’UroMems.

UroMems, première brique d’une plateforme technologique d’avenir

Après une première étude clinique pilote menée avec succès sur douze patients, UroMems s’apprête désormais à lancer une étude à plus grande échelle et à finaliser l’industrialisation de son dispositif. Avec 44 millions d’euros levés en 2024 et une équipe en forte croissance, la start-up vise une mise sur le marché à l’international, entre marquage CE et approbation FDA.

Au-delà de l’incontinence urinaire, UroMems ambitionne déjà d’élargir sa plateforme mécatronique à d’autres indications médicales. Une avancée qui pourrait bien redéfinir l’avenir des implants intelligents. « Nous avons posé les bases d’une technologie qui pourra s’interfacer avec d’autres systèmes implantables et répondre à de nombreux besoins », reconnaît Hamid Lamraoui.

Antonin Tabard