MagIA Diagnostics veut sortir l’analyse sanguine du laboratoire

Sortir l’analyse biologique du laboratoire pour la rapprocher des patients : c’est l’ambition de la start-up deeptech MagIA Diagnostics, fondée en 2017 à Échirolles (Isère). L’entreprise développe un dispositif portable capable d’analyser une goutte de sang et de dépister plusieurs maladies en une quinzaine de minutes seulement. Une innovation qui pourrait transformer l’accès au diagnostic, notamment pour les maladies infectieuses.

MagIA Diagnostics a mis au point un appareil capable de dépister un certain nombre d'infections en quelques minutes seulement grâce à une simple goutte de sang.
MagIA Diagnostics a mis au point un appareil capable de dépister un certain nombre d’infections en quelques minutes seulement grâce à une simple goutte de sang. (Crédit : ON HEALTH)

Au cœur de la technologie, un analyseur compact associé à une cartouche consommable. Une simple goutte de sang prélevée au bout du doigt suffit pour réaliser plusieurs tests simultanément. « L’objectif est de pouvoir faire, en dehors du laboratoire, ce que l’on fait habituellement au laboratoire, explique Paul Kauffmann, président de MagIA Diagnostics. Nous voulons accompagner la décentralisation des soins et favoriser le dépistage. »

MagIA entend simplifier le parcours et réduire les coûts

La technologie repose sur plus de quinze ans de recherche académique et combine micro-magnétisme et biologie afin de simplifier les tests immunologiques. Elle permet d’effectuer plusieurs analyses en une seule étape d’incubation, sans manipulation complexe d’échantillons, et d’obtenir un résultat en moins de quinze minutes. Le premier kit développé par l’entreprise vise un dépistage élargi des infections sexuellement transmissibles. Il permet de détecter en même temps le VIH, les hépatites virales et la syphilis. « Nous avons développé un test augmenté du VIH, qui donne un check-up complet des maladies sexuellement transmissibles, précise Paul Kauffmann. Ces pathologies sont encore très sous-diagnostiquées, en dehors du VIH. »

Dans un premier temps, la solution s’adresse aux centres de dépistage. L’objectif est double : simplifier les parcours de soins et réduire les coûts d’analyse aujourd’hui souvent externalisés vers les laboratoires. « En apportant un résultat en quelques minutes, on facilite le dépistage systématique, à moindre coût et avec la même exigence de qualité », souligne le dirigeant. À terme, la technologie pourrait être déclinée pour d’autres pathologies ou contextes médicaux. Une perspective qui illustre le potentiel des solutions de diagnostic rapide pour renforcer la prévention et améliorer l’accès aux soins.

Antonin Tabard